Ollivon et Serin peuvent enfin briser la malédiction
Si le XV de France remporte le Tournoi 2026 ce samedi, certains joueurs tricolores soulèveront enfin leur premier trophée dans la compétition. Outre la jeune garde tricolore, ce serait notamment le cas de Charles Ollivon et Baptiste Serin, deux cadres bien connus du rugby français.
Malgré leurs nombreuses sélections et plusieurs campagnes sous le maillot bleu, ni le troisième ligne ni le demi de mêlée du RCT n’ont encore remporté le 6 Nations avec les Bleus. Le premier est un peu le Poulidor de l'ovalie tricolore avec quatre 2e place. Le numéro 9 compte aussi deux "médailles d'argent".
Un paradoxe qui s’explique facilement : leur carrière internationale s’est développée durant la longue période sans sacre français. Entre le Grand Chelem de 2010 et le titre retrouvé en 2022, le XV de France a traversé une décennie compliquée dans le Tournoi, laissant plusieurs joueurs emblématiques repartir sans la moindre médaille.
L’arrachage d’Antoine Dupont avant l’essai de Bielle-Biarrey était-il (vraiment) légal ?Une génération coincée entre deux époques
Cette période creuse du rugby français a marqué toute une génération de joueurs. Plusieurs cadres ont porté le maillot bleu pendant des années, parfois comme capitaines ou titulaires indiscutables, sans jamais connaître la joie d’un titre dans le Tournoi.
Le cas le plus symbolique reste sans doute Guilhem Guirado. Talonneur du XV de France, il cumule 74 sélections entre 2008 et 2019 et a même été capitaine "courage" de l’équipe nationale entre 2016 et 2019. Pourtant, malgré sa longévité et son statut de leader du vestiaire, il n’a jamais remporté la compétition. Sa carrière internationale se situe précisément dans cet entre-deux cruel : après le sacre de 2010 et avant la renaissance du rugby français. Il n'aura pas fait mieux que la 3e place en 2008 puis en 2017. Terminant même 6e en 2013.
Des talents marquants restés sans trophée
D’autres noms très marquants du rugby français ont connu la même frustration. Wesley Fofana, par exemple, a été l’un des centres les plus explosifs de sa génération avec 48 sélections entre 2012 et 2019. Son essai mythique à Twickenham en 2013 reste gravé dans la mémoire des supporters. Pourtant, toute sa carrière internationale s’inscrit dans cette période sans victoire française dans le Tournoi. Il n'a pas fait mieux qu'une 4e place dans le 6 Nations.
Même histoire pour Yoann Huget, auteur de 62 sélections entre 2010 et 2019. L’ailier débute en équipe de France juste après le titre de 2010 et traverse toute la décennie suivante sans jamais soulever le trophée. Et ce, malgré une belle 2e place en 2011.
À l’ouverture, Camille Lopez incarne aussi cette génération. Avec 28 sélections entre 2013 et 2019, il a longtemps été l’un des visages du jeu français, sans connaître la consécration dans la compétition. Il n'a pas participé qu'à 3 éditions du Tournoi, se hissant une fois à la 3e place en 2017 aux côté de Guirado et de Huget.
"La France va humilier l'Angleterre" : La presse étrangère annonce le pire pour les Anglais de BorthwickBenjamin Kayser, talonneur charismatique et aujourd’hui consultant reconnu, compte 37 sélections entre 2008 et 2015. Il avait atteint la 3e place en 2009. S’il évoluait en Bleu lors de la période du Grand Chelem 2010, il n’avait pas participé à cette campagne victorieuse et a ensuite disputé plusieurs Tournois sans jamais monter sur la plus haute marche.
Même constat pour Maxime Machenaud, demi de mêlée solide et gestionnaire, qui débute en équipe de France en 2012 et totalise 38 sélections. Lui aussi arrive trop tard pour le sacre de 2010 et quitte progressivement la scène internationale avant le renouveau des Bleus.
Ce que ça change pour Ollivon et Serin aujourd’hui
C’est précisément pour cela que le Tournoi 2026 a une saveur particulière pour certains cadres actuels du XV de France. Charles Ollivon et Baptiste Serin appartiennent à cette génération charnière, arrivée pendant la période difficile (2014 et 2016) et toujours présente aujourd’hui.
Une victoire samedi leur offrirait bien plus qu’un simple trophée : ce serait la validation d’années passées à traverser les moments compliqués du rugby français. Pour Ollivon, ancien capitaine des Bleus, ce serait aussi une récompense personnelle après les blessures et les années passées à porter l’équipe dans des périodes parfois instables. Du côté de Serin, ce serait la preuve qu'il ne faut jamais rien lâcher malgré les doutes et la concurrence.
La preuve du chemin parcouru par le XV de France
Regarder cette liste de grands noms restés sans titre permet aussi de mesurer le chemin parcouru par le rugby français ces dernières années. Entre restructuration, nouvelle génération et continuité dans le projet sportif, les Bleus ont retrouvé une régularité qui leur avait longtemps échappé dans le Tournoi.
Si le titre se confirme, il marquera donc non seulement une victoire sportive… mais aussi la fin symbolique d’une époque que beaucoup de supporters préfèrent désormais laisser derrière eux. Cette période marquée par les célèbres défaites encourageantes. En cas de succès samedi soir, le XV de France menée par Galthié remportera son 3e Tournoi en 5 ans. Un premier doublé depuis 2006/07. De quoi envisager pourquoi un premier titre mondial qui a jusqu'ici toujours échappé aux Bleus.
Aucun commentaire pour le moment...