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« C’est vraiment le joueur hybride parfait » : Le portrait robot du nouveau 'chouchou' de Galthié

Stabilité plutôt que rotation : le staff tricolore confirme sa 3e ligne face à l’Italie, misant sur la cohérence collective.

Thibault Perrin 20/02/2026 à 14h00
Plus proche des 90 kilos que des 100… mais Jégou pèse lourd dans le jeu. Crédit image : Screenshot France 2
Plus proche des 90 kilos que des 100… mais Jégou pèse lourd dans le jeu. Crédit image : Screenshot France 2

Face à l’Italie ce dimanche, le XV de France reconduit pour la troisième fois consécutive la même troisième ligne : Jegou en 7, Jelonch en 8 et Cros en 6. Un choix fort, assumé par Fabien Galthié malgré la densité du réservoir tricolore à ce poste. En conférence de presse, le sélectionneur a justifié cette continuité par “la performance et puis l’équilibre”. Avant de détailler longuement le cas du Rochelais Oscar Jegou, et son impact au sein du trio. “C’est vraiment le joueur hybride parfait”, a-t-il notamment lancé devant les médias.

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Galthié explique son choix : l’équilibre avant tout

Le sélectionneur n’a pas tourné autour du pot. “La performance et puis l'équilibre. François, je ne vais pas le présenter. Anthony non plus. La nouveauté, c'est un peu Oscar. C'est un joueur qu'on a découvert il y a deux ans. En fait, il est au rendez-vous. Il est au rendez-vous dans son profil atypique puisque c'est un joueur qui est en dessous de 100 kilos. Plus proche de 90 kilos que de 100. Mais qui a une puissance relative incroyable, une endurance et une capacité à répéter les efforts.”

Le message est limpide : la troisième ligne n’est pas choisie uniquement sur le CV ou le statut, mais sur la complémentarité des profils. Galthié poursuit : “C'est un joueur qui va vite, qui a des mains. C'est vraiment le joueur hybride parfait qui nous met du liant partout sur le terrain. François Cros est aussi le joueur hybride parfait qui nous met du liant à des endroits un peu différents d'Oscar. On a deux hybrides, deux joueurs qui nous mettent du liant partout sur le terrain et qui sont très complémentaires.

Enfin, il souligne le rôle central d’Anthony Jelonch : “Anthony, c'est un 8 qui est capable de jouer comme un 7 ou comme un 6, ça dépend où on le positionne. Mais là aussi, Anthony nous apporte un complément dans l'équilibre.

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Pourquoi ce trio fonctionne tactiquement

Ce choix dépasse la simple forme du moment. Tactiquement, la France cherche une troisième ligne capable d’assurer trois missions clés : sécuriser les zones de ruck, offrir des relais offensifs et maintenir un haut volume d’activité sur 80 minutes.

Cros est le couteau suisse. “François qui peut tout faire. Qui peut être aérien et au sol.” Il est souvent le premier soutien offensif et l’un des meilleurs plaqueurs du système défensif. Jelonch, “très fort au sol”, amène la densité dans les zones de collision, sécurise les sorties de camp et stabilise les mauls. Quant à Jegou, son profil plus léger, plus rapide et “plus aérien”, change la géométrie du jeu.

Ce que Galthié appelle “le liant”, ce n'est pas seulement faire la jonction entre avants et 3/4. C’est aussi cette capacité à enchaîner les tâches invisibles : être au nettoyage d’un ruck, se proposer dans la largeur deux temps de jeu plus tard, puis revenir défendre dans l’axe. Jegou, avec ses appuis et sa vitesse, offre une mobilité qui perturbe les défenses organisées. Sa capacité à jouer centre n’est pas anodine : cela signifie qu’il peut défendre large sans affaiblir l’axe, et attaquer dans les extérieurs sans perdre en continuité.

Dans un rugby moderne où les lignes se décloisonnent, ce trio incarne une troisième ligne “fluide” plutôt que segmentée.

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La concurrence existe, mais elle nourrit le projet

Galthié n’a pas oublié le réservoir. Il a évoqué Lenni Nouchi : “Il peut jouer 8, il peut jouer 7. Lui, il a tout en bagage. Il faut qu'il joue avec nous maintenant. Qu'il rentre sur le terrain et qu'il apporte.” Il a aussi souligné le retour de Paul Boudehent, “notre meilleur avant quasiment l'an dernier pendant le tournoi 2025”, ainsi que la concurrence entretenue par les troisièmes lignes invités régulièrement à Marcoussis.

Ce discours montre que la hiérarchie est dynamique. Mais pour l’instant, la cohérence collective prime sur l’alternance.

L'embarras du choix pour le XV de France

Reconduire ce trio, c’est envoyer un message de stabilité à l’approche d’un match potentiellement piégeux face à l’Italie. C’est aussi affirmer une identité : mobilité, endurance et complémentarité plutôt que simple puissance brute.

Pour Jegou, c’est une validation de son intégration au plus haut niveau international. Pour Jelonch, une confirmation de son importance dans le système malgré la concurrence. Pour Cros, la preuve qu’il reste une référence dans l’équilibre défensif même avec une poignée de matchs au compteur depuis le début de la saison.

À l’échelle du Tournoi, cette continuité permet d’affiner les automatismes, notamment dans la gestion des rucks et des transitions défensives, secteurs décisifs face à une Italie capable de mettre du rythme.

Dans un secteur où la concurrence est féroce, le staff tricolore a choisi la cohérence et le liant. Et si la clé était là : trois profils différents, une seule respiration collective.

Vieille Gloire
Vieille Gloire

Cela se voyait qu’il était en train d’émerger. Notamment, je me rappelle d’un match de demi où il était omniprésent.


Je crois que, quand on a la chance de faire ce sport à ce niveau, il faut tout donner et il le fait sans tricher.


Pour ma part, il a largement sa place de titulaire (après, la troisième ligne est très modulable)


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pascalbulroland
pascalbulroland

Il y a une belle complémentarité avec les joueurs utilisés dans le pack de l' EDF.