Dans la banlieue de Toulouse, le club à la Colombe rêve d’un avenir dans l’élite. Pensionnaire régulier de Pro D2 depuis 2012, Colomiers Rugby est un club historique du paysage rugbystique national. Vice-champion de France 2000 et vice-champion d’Europe 1999, il est le club où des joueurs tels que Fabien Galthié et David Skrela ont réussi à marquer les esprits. Au printemps 2026, l’écurie de Haute-Garonne s’affirme dans l’antichambre de l’ovalie française et n’a jamais été aussi proche d’un retour en Top 14.
Ce jeudi 26 mars, Colomiers Rugby s’est offert le scalp d’un autre cador de Pro D2 : Provence Rugby, à Aix (20-25). Sur la pelouse du troisième du championnat, le dauphin du RC Vannes impressionne un peu plus chaque semaine. Désormais, la formation menée par Florian Nicot et Aurélien Béco se présente comme un candidat plus que sérieux à une qualification directe en demi-finales, en parallèle de l’écurie bretonne.
Cependant, cette réussite sportive franche, portée par un effectif compétitif et des profils de haut niveau, attire les regards. Ainsi, pour la saison prochaine, Colomiers Rugby devrait voir plusieurs de ses titulaires quitter le navire. Certains joueurs ont été approchés ou ont déjà signé pour d’autres formations avec une meilleure situation. Des décisions qui paraissent logiques à l’instant T. Toutefois, ces dernières sont faites sans même savoir si le club postulerait en Top 14, l’année prochaine.
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Devant, de beaux gabarits ne seront plus là pour ferrailler en faveur de la Colombe. En deuxième ligne, Thomas Adelaïde (23 ans) devrait s’exporter à Marcel-Deflandre pour le plus grand plaisir du Stade Rochelais. Le titan de 124 kg pour 2,01 mètres de haut ferait ainsi le bonheur d’un pack maritime en quête de nouvelles têtes. Prêté par le RC Toulon depuis l’été dernier, cet espoir ne jouera plus en Haute-Garonne la saison prochaine.
En parallèle, d’autres joueurs installés et sous contrat avec Colomiers Rugby vont aussi quitter le club. Ainsi, l’ancien Clermontois Caleb Timu (32 ans) est annoncé en Australie l’année prochaine. À ses côtés en troisième ligne, le flanker Nicolas Martins (27 ans) a aussi été approché pour changer de blason pour la saison prochaine. Reconnu pour sa qualité de défenseur infatigable, l’international portugais est en discussion avec le Racing 92, selon les informations publiées par Rugbypass et le Midi Olympique ces derniers jours.
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Derrière, des départs notables sont aussi à noter, au-delà du retour de prêt annoncé de l’ouvreur Valentin Delpy (22 ans) au Stade Toulousain. Par exemple, le facteur X Rodrigo Marta (26 ans) est attendu sous les couleurs de la Section Paloise, cet été. Le centre polyvalent portugais est l’un des meilleurs éléments offensifs de Colomiers, avec six essais cette saison en club.
Sur l’une des ailes, le Tongien Anzelo Tuitavuki (27 ans) va quitter la Haute-Garonne pour s’engager chez les Newport Dragons, en United Rugby Championship. Originaire du Pacifique, lui aussi, Raymond Nu'u (27 ans) devrait également faire ses valises. Très apprécié, ce premier centre intéresse des clubs en Top 14. Ainsi, le Midi Olympique révélait récemment que le Castres Olympique, le LOU Rugby et le Stade Rochelais cherchaient à obtenir les services de l’Australien dès cet été.
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Grâce à un recrutement intelligent et efficace, Colomiers Rugby est parvenu à occuper les premières places de la Pro D2. Le club haut-garonnais et plusieurs joueurs ont dû concéder le départ de certains, face à une contrepartie financière difficile à refuser ou une proposition sportive plus fiable. Le suspens des phases finales amène de belles histoires, avec une incertitude non négligeable, jusqu’au mois de juin, en guise de cadeau empoisonné.
Qui serait prêt à refuser les avances d’une écurie de Top 14 ? Ou un accord financier conséquent, quand il n’y a aucun moyen d’assurer sa montée avant les tous derniers matchs du printemps? Aussi dominante une équipe soit-elle depuis le début de la saison, la construction d’un effectif calibré pour l'élite ressemble à un crédit pris pour jouer un coup de poker printanier, auquel les plus sages refusent de s’essayer.
Sur la fin de ce mois de mars, la saison régulière de la deuxième division n’est même pas encore terminée. Pourtant, le club à la Colombe sait qu’une partie de ses titulaires ne sera pas de l’aventure la saison prochaine. Que le club soit dans l’élite ou dans son antichambre. S’il parvient à monter, il n’aura même pas eu le temps de négocier avec ces derniers pour espérer les conserver qu’ils se seront déjà envolés…
La question se pose alors de savoir si le système actuel permet réellement à des petits clubs d'avoir une chance de se maintenir, après avoir accédé aux joies du Top 14, ou s'ils sont presque condamnés à l'exploit. Depuis l'instauration de la phase finale, en deuxième division, comme unique moyen d'accession à la première, en 2018, sept des onze promus sont redescendus au niveau inférieur dans la foulée. Ainsi, la fin de la promotion automatique pour le leader de la saison régulière de Pro D2 a-t-elle vraiment été bénéfique aux pensionnaires de celle-ci ?
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