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Borthwick et son épée de Damoclès constamment au-dessus de la tête

Steve Borthwick, sélectionneur du XV de la Rose, perd de plus en plus les coeurs anglais. Pour cause : l'Angleterre est une série de cinq défaites de rang.

Mayeul Duponcel 10/07/2026 à 11h40
Steve Borthwick sur la sellette. Screenshot : Youtube - England Rugby
Steve Borthwick sur la sellette. Screenshot : Youtube - England Rugby

Cinq défaites d'affilée et un public anglais de plus en plus désabusé : la position de Steve Borthwick à la tête du XV de la Rose n'a jamais semblé aussi fragile. Avant de recevoir les Fidji ce samedi à Liverpool (15h10), le technicien anglais joue gros, bien au-delà du simple résultat sportif.

Une équipe qui ne fait plus recette

Nommé fin 2022, Borthwick traverse une zone de turbulences depuis plusieurs mois. La semaine dernière, ses joueurs se sont inclinés lourdement face à l'Afrique du Sud 45 à 21, encaissant sept essais.

Une addition sévère pour une équipe qui n'a plus gagné depuis cinq sorties. Sur l'ensemble de l'année 2026, un seul succès est à mettre à son actif, obtenu contre un Pays de Galles à la peine.

Le contraste est d'autant plus frappant que l'Angleterre semblait sur une bonne dynamique il y a peu, portée par douze victoires consécutives, une mêlée solide et une touche fiable. Cet édifice s'est depuis effondré, révélant des bases moins profondes qu'il n'y paraissait.

Le staff cherche encore ses réponses

Après le fiasco du dernier Tournoi des 6 Nations (le pire dans l'histoire du XV de la Rose), les dirigeants de la fédération anglaise avaient tranché rapidement : Borthwick resterait en poste jusqu'à la Coupe du Monde 2027.

Reste que les raisons de la dégringolade actuelle échappent encore à l'encadrement. Le manque de temps passé ensemble, un volume d'entraînement réduit ou les blessures sont régulièrement avancés, sans convaincre totalement.

Un autre facteur pèse lourd : l'indiscipline. Les cartons jaunes s'accumulent, et jouer à quatorze rend toute ambition défensive illusoire.

Un vrai décalage de philosophie

Une enquête menée par le Times auprès de ses lecteurs dresse un constat sans concession : certains supporters ont cessé de regarder les matchs, d'autres avouent regarder à travers leurs doigts, redoutant un énième revers.

Beaucoup peinent surtout à comprendre le projet de jeu défendu par Borthwick, censé reposer sur davantage de mouvement, de passes et de prises de risque.

Le paradoxe, c'est que l'entraîneur lui-même semble peu convaincu par cette évolution. Ancien avant pragmatique, il n'hésite pas à rappeler George Ford, ouvreur au jeu au pied très maîtrisé, dès que les choses se compliquent. On est loin de l'image d'un rugby offensif et libéré.

Or, c'est précisément ce que réclament observateurs et supporters, qui aimeraient voir Borthwick puiser son inspiration du côté de Northampton, tenant du titre en Premiership, ou de Bath, demi-finaliste de la dernière Champions Cup.

Ce même enthousiasme semble s'évaporer dès que ces joueurs enfilent le maillot national. Samedi contre les Fidji, Fin Smith conservera son poste d'ouvreur, aux côtés de Jack Van Poortvliet, comme face aux Springboks.

Tommy Freeman passera du centre à l'aile. Des choix qui, une fois de plus, interrogent sur la cohérence du projet, et sur la capacité de Borthwick à incarner le leader dont les Anglais ont besoin.

Aurélien Boucherie (Amis à Laporte)
Aurélien Boucherie (Amis à Laporte)

Après, Borthwick peut rester en place, les résultats des Anglais me conviennent très bien comme ça !


Aurélien Boucherie (Amis à Laporte)
Aurélien Boucherie (Amis à Laporte)

Qu'il vienne à Toulouse, avec la maffia cassoulet, ce seront les pets de Damoclès ?