Le week-end dernier, Antoine Dupont a franchi un cap symbolique dans l’histoire du Tournoi des 6 Nations. Avec 12 défenseurs battus au compteur après trois journées, le capitaine du XV de France est devenu le huitième joueur à dépasser la barre des 100 défenseurs battus dans la compétition depuis 2000, selon les chiffres d'OPTA.
Il affiche désormais 104 unités, dépassant ses coéquipiers Gaël Fickou (102) et Damian Penaud (103). Une marque qui confirme son impact constant sous le maillot bleu.
Antoine Dupont, talonneur ? La folle anecdote de Pita AhkiUn joueur au profil unique
Dans le classement all-time, Dupont rejoint des références comme Brian O’Driscoll, Stuart Hogg ou George North. Des joueurs installés sur la durée, souvent à des postes de finisseurs. Lui est demi de mêlée. Et c’est là que la performance prend une autre dimension. En 34 matchs de Tournoi, il a atteint cette barre symbolique, là où d’autres ont accumulé les sélections sur plus d’une décennie.
Être numéro 9 et figurer dans ce cercle fermé est loin d’être anodin. Les demis sont traditionnellement des organisateurs, des gestionnaires, pas forcément des perce-muraille. Dupont, lui, casse les codes.
100 - Le week-end dernier, Antoine Dupont est devenu le huitième joueur à avoir battu 100 défenseurs dans l'histoire du Tournoi des #SixNations, dépassant ses coéquipiers Gaël Fickou (102) et Damian Penaud (103). Centenaire. pic.twitter.com/d9dLOoAczc
— OptaJean (@OptaJean) February 27, 2026
Un Dupont plus collectif… mais toujours tranchant
Sur cette édition 2026, le Toulousain affiche un visage plus collectif. Trois passes décisives, 182 passes réussies, 46 coups de pied en jeu courant et 1422 mètres au pied : il oriente davantage, occupe le terrain, distribue. Pourtant, malgré ce registre élargi, il a déjà battu 12 défenseurs dans le Tournoi en cours.
Techniquement, cela s’explique par sa capacité unique à attaquer les épaules faibles autour des rucks. Son centre de gravité bas, sa lecture ultra-rapide des replis défensifs et son explosivité sur les deux premiers appuis lui permettent de créer du déséquilibre sans surjouer. Ce n’est pas de la course latérale spectaculaire, c’est du timing pur. Il choisit le bon moment, souvent après deux ou trois temps de jeu, quand la défense pense avoir refermé la porte.
Plus qu’un chiffre, un indicateur d’influence
Battre un défenseur, ce n’est pas seulement franchir. C’est forcer une défense à se réorganiser, attirer le troisième rideau, libérer un espace pour les extérieurs. Les 12 défenseurs battus cette année traduisent une chose : même quand il joue pour les autres, Dupont reste la menace prioritaire.
Dans le jeu moderne, les statistiques individuelles doivent être lues à travers le prisme collectif. Ses mètres au pied, ses box kicks, ses coups de pied avec rebond montrent une gestion plus stratégique. Mais sa capacité à faire mal ballon en main demeure intacte. C’est cette dualité qui fait de lui un joueur total.
XV de France. La fin du « Dupont spectacle » ? Ce que cache son nouveau rôle de l'ombreUne aubaine pour les Bleus
Pour le XV de France, c’est une assurance tous risques. Un capitaine capable d’alterner gestion et fulgurance, d’occuper le terrain puis de casser une ligne sur une prise d’intervalle. Dans un Tournoi parfois verrouillé, disposer d’un 9 capable de battre 100 défenseurs sur la durée, c’est un luxe rare.
Symboliquement, dépasser Fickou et Penaud, confirme aussi son statut de leader technique du projet tricolore. À l’heure où la concurrence internationale s’intensifie, la France peut s’appuyer sur un numéro 9 qui ne se contente pas d’animer : il fracture.
Et au fond, ces 100 défenseurs battus racontent la même histoire que ses accélérations : celle d’un joueur qui, même quand il semble gérer, peut faire basculer un match en un instant.
Aucun commentaire pour le moment...