Les lecteurs du Rugbynistère s’en souviennent : nous avions récemment consacré un article à la complémentarité entre les postes de 10 et 15, incarnée par la paire Matthieu Jalibert – Thomas Ramos.
Une association prometteuse, capable de dynamiter les défenses par sa créativité et sa lecture du jeu.
Mais le scénario a basculé lors du Captain Run. Touché au mollet, Jalibert a dû déclarer forfait la veille de la rencontre. Un coup dur, dont les conséquences se sont rapidement fait sentir sur le terrain.
Au micro de Rugbyrama, Louis Bielle-Biarrey ne s’est pas caché : « Mathieu a manqué dans l’animation. »
Un constat lucide. Car si l’Italie est une équipe solide – et qu’il s’agissait sans doute du match le plus relevé du Tournoi jusqu’ici – l’absence de Jalibert a privé les Bleus d’une alternance offensive plus riche.
Certes, il ne se serait probablement pas « promené » comme face au Pays de Galles, mais il aurait offert davantage de variations dans le jeu au pied et dans la distribution.
Jalibert–Ramos : la fin du numéro 10 unique ? Comment la France a (enfin) hacké le rugby moderneUne réorganisation forcée et des repères brouillés
Ce n’était pas une première pour Thomas Ramos au poste d’ouvreur : il avait déjà porté le numéro 10 à plusieurs reprises et notamment l’an dernier à Rome.
Mais cette fois, la réorganisation s’est faite dans l’urgence. Ramos a glissé à l’ouverture, Théo Attissogbe a été repositionné à l’arrière, et Dréan a intégré le XV titulaire.
Comme l’a rappelé Fabien Galthié après la rencontre, même si les joueurs s’entraînent ensemble, les automatismes ne sont pas exactement les mêmes en situation de match. Attissogbe, s’il évolue parfois à l’arrière en club, n’est pas un second ouvreur.
Ce n’est pas un profil de gestionnaire ou de « manipulateur » de défense, mais avant tout un joueur de couloir, un accélérateur. Avec la doublette Ramos–Jalibert, les Bleus disposaient de deux cerveaux : un pour organiser, l’autre pour dynamiser.
Sans Jalibert, il ne restait qu’un seul véritable créateur dans la ligne arrière… en plus de Antoine Dupont, bien sûr.
Le Grand Chelem dans le viseur : un XV de France approximatif domine l’ItalieDupont plus exposé, collectif moins fluide
Cette nouvelle configuration a logiquement poussé Dupont à prendre davantage le jeu à son compte. Là où il était plus au service du collectif lors des matchs précédents, il a dû davantage porter la responsabilité de l’animation offensive.
Une adaptation nécessaire, que le meilleur joueur du monde a su endosser avec brio. L’absence de Jalibert n’explique pas tout, mais elle a clairement déséquilibré l’architecture offensive des Bleus.
Moins de variété, moins de manipulation des défenses, et une dépendance accrue au génie individuel de Dupont et Ramos. Un rappel utile : dans le rugby moderne, la complémentarité des profils n’est pas un luxe, mais une condition essentielle pour produire un jeu riche et imprévisible.
Et Jalibert, dans ce rôle hybride entre chef d’orchestre et artiste, reste une pièce maîtresse du puzzle tricolore.
C'est vraiment dommage qu'il n'ait pas jouer pour voir comment on s'en serait mieux ou moins bien sorti avec un pack adverse dominateur et une défense de morts de faim.
Je suis d'accord sur le fait que Jalibert / Ramos soient complémentaires mais si on ne leur laissent pas les coudées franches comme l'ont fait l'Irlande et le Pays-de-Galle, pas sûr de ne pas voir le même manque de fluidité et les mêmes ratés en attaque (qu'il ne faut pas oublier).
Le XV de France a été moins dominateur et les italiens ont vendu chèrement leur peau, en nous obligeant à des longues phases de défense . Les centres ont d'ailleurs été bons dans ce domaine .
Donc en tirer des conclusions sur un match sans autre réelle référence...