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AMATEUR. 69 points, l’appel des Avengers... on est allés voir un choc de Fédérale 2 pour vous

Ce dimanche se jouait un alléchant Monaco/Aubagne, déterminant pour la suite de la saison des deux équipes. Et si le suspens a finalement tourné court, on s'est tout de même régalés de jeu, contacts et anecdotes, à quelques pas du Rocher...

Theo Fondacci 10/03/2026 à 18h15
Monaco fait figure de favori à la montée en Fédérale 1 et même au dernier carré national, au même titre que la Bièvre St-Geoir, Pont-Long, Castillon ou Le Rheu. Screenshot : Screenshot : Show 7 et Monaco Rugby
Monaco fait figure de favori à la montée en Fédérale 1 et même au dernier carré national, au même titre que la Bièvre St-Geoir, Pont-Long, Castillon ou Le Rheu. Screenshot : Screenshot : Show 7 et Monaco Rugby

Dimanche, 15h. Voilà désormais quelques heures que nous avons posé le pied au premier étage du stade qui nous accueille, dans le club-house de l’AS Monaco Rugby. Le décor ? En contrebas du village de Beausoleil - qui jouxte le nord de la Principauté - le stade du Prince Héréditaire Jacques, et sa cuvette. Qu’on se le dise, au pied du Mont des Mules, l’atmosphère demeure moins rêche qu’à Sapiac, même si le synthétique a désormais pris la place du gazon.

Cette saison, on n’y joue pas non plus les petits poucets du Top 14, mais bel et bien les ogres de la Fédérale 2. C’est ainsi qu’on avait coché cette date du 8 mars pour faire le déplacement jusqu’aux confins du 06, afin de couvrir aussi la venue de nos amis d’Aubagne, au sujet de qui on a plusieurs fois déjà gratté du papier.

Les gars du 13, partis à 7h30 du matin de la capitale du Santon, n’ont pas l’air bien frais au moment d’aller les saluer. Ils joueront à 20, sans leur maître à jouer Lucas Vaccaro et avec un doublant réserve/première, quand d’autres tirent clairement sur la corde : pas l’idéal pour se déplacer chez le leader de la poule, meilleure attaque nationale qui en passe en moyenne 41 à chaque partie jouée domicile. Et les Aubagnais le savent.

"Une ligne de 3/4 d’Avengers"

Mais les coéquipiers de Robin Chevalier, ce petit 9 électrique titulaire à l’aile pour pallier les manques d’effectif, ont quand même des arguments, notamment devant. Après un porté ravageur, leur buteur Fautrier récompense même leur début de match intéressant par une pénalité pour ouvrir le score. Le truc, c’est que le RCA manque de précision et peine à sortir de son camp.

Face à Monaco et son armée de soldats ayants connu les échelons supérieurs, cela ne pardonne pas. Un premier groupé-pénétrant termine dans l’en-but, avant que le numéro 8 monégasque Brial (et ses cuisseaux à nourrir un régiment) active le mode tank sur le renvoi et permette aux siens de regagner la moitié de terrain des visiteurs. Cliniques, les locaux marquaient peu après sur une prise d’intervalle suivie d’un crochet, puis d’un autre, du remuant Andrzej Charlat.

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Un arrière aux 100 matchs de ProD2 entre Aix, Nevers ou Nice (16 essais en Nationale en 2023/2024, aussi...), très investi dans le jeu et le leadership monégasque, qui trône dans le fond de terrain "d’une ligne de 3/4 d’Avengers". Celle-ci est - entre autres - composée de la paire de centres championne de France de Nationale 2024 avec le Stade Niçois (Cutuyar/Courtade), ou de l’excellent septiste Dylan Ouisly "qui n’a rien à faire en Fédérale 2", nous assure un volubile proche du club, présent en tribunes.

De fait, sur une pelouse synthétique taillée pour les athlètes, il y a le feu pour Aubagne à chaque fois que le ballon est déplacé vers les couloirs à grande vitesse de l'ASM. Malgré une très grosse séquence défensive sur sa ligne à la demi-heure de jeu (qui vaudra un beau souvenir au valeureux numéro 5 Jérôme Habot) et un essai sur maul, ça va globalement trop vite pour troupes du président Vaudo, menées 29 à 11 aux citrons.

Le Davisseau-co

C’est alors que le RCA tente le tout pour le tout. Et fait sortir du banc son gros tonnage et notamment la 2ème ligne Davisseau/Pujolle, 1m95 et 120kg de moyenne, maillot XXL en guise de juste au corps. Le premier cité, qui croisait ce dimanche le fer avec son frangin Nicolas (numéro 6 de Monaco), faisait naturellement du bien aux siens, entre sa présence agressive dans le premier rideau, sa défense de maul et ses charges frontales à vous disloquer les épaules.

Le petit frère Nicolas (à gauche) et Gaël Davisseau.
Le petit frère Nicolas (à gauche) et Gaël Davisseau.

Et à chaque prise de balle en tête de cellule du David Ribbans du RCA (1m98 pour 124kg), on entendait les "chlak" s’échapper du terrain, assortis de quelques punchlines propres au rugby du dimanche à 15h larguées en tribunes : "Uh qu’il est pas bon à prendre celui-là. Mais il fait quoi comme métier ce mec ?".

  • "Garde-forestier"

  • "Ah oui je comprends mieux… Mais il les coupe à la main les arbres, non ?" (rires).

Les réactions découlant du petit tour de force de l’aîné des Davisseau nous auront bien fait rire, depuis notre arbre perché. Mais il en fallait clairement plus pour espérer décontenancer les Monégasques, pas du genre à s’échapper et même plutôt à vous punir au moindre ballon tombé.

Des anciens pros, oui, mais la bière se boit sur le parking

A ce titre, dans un style moins brutal mais tout aussi perforant, quel enfer aussi de défendre sur Luca Cutayar. Pour son retour en tant que titulaire après une fracture du pouce, l’ancien du RCT (champion de France Espoirs 2019) fit toutes les misères du monde à la défense aubagnaise et y alla même de son triplé après la sirène (9 essais en 12 matchs cette saison).

"Bolga", le head coach de Monaco, hurlait pourtant avec son reconnaissable accent de l'est à ce qu’on tape en touche pour encaisser les 5 points d’un déjà lourd 46 à 16 et s’éviter "toute blessure ou carton inutile." Mais, sur une ultime attaque directe de la zone du 10 après une touche, le solide 3/4 centre (1m83 pour 95kg) traversait 3 défenseurs plus facilement qu’il ne l’aurait pensé et plongeait entre les poteaux. Des barres pour l’anecdote enlevées par les joueurs eux-mêmes après le match pour faire la place aux colocataires du foot, après un pacte passé avec leur entraîneur Nicolas Bonnet.

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Des petits moments très rugby dont les Aubagnais n’auront probablement que faire d’apprendre, vu la fatigue et la frustration engendrées par une après-midi passée à 20 minutes de l’Italie, chez une équipe taillée pour la Fédérale 1. Voilà donc qu'à une douzaine d’heures du réveil du lundi matin, les coéquipiers d’Hervé Combes ne s’éternisaient logiquement pas à la réception d’après-match.

Organisée loin de Louis-II, du luxe de Monte-Carlo et des voitures ou des montres à 300 bâtons de GMK, mais plutôt sur un petit parking simplement orné d’un food truck, de 2 bidons en guise de mange-debout et d’une sono. Mais n’est-ce pas dans ces ambiances champêtres qu’on a tous vécues, un jour et d’où que nos attaches rugbystiques soient, les meilleures de nos 3e mi-temps ?

La réception d’après-match sur le parking.
La réception d’après-match sur le parking.

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