On l’avait senti en allumant la télé, comme toujours grognon à l’idée de suivre un match du XV de France avec les commentaires d’Omar et Fred sur TF1. En voyant le soleil radieux qui éclairait la capitale du kilt, on ne pouvait s’empêcher de pouffer que quelque chose d’inhabituel nous attendait. Bingo mais manque de bol, et comme dirait la douce et élégante Maeva Ghennam, "on s’est cagués dessus". La discipline, la stratégie, la défense individuelle comme collective, les rebonds… bref, rien n’a tourné rond pour les Bleus face à ces calus de bouffeurs de haggis. Alors, comme l’a justement dit Dupont, tirer sur les prestations individuelles ne fera pas avancer le débat. Mais puisqu’on n’a pas l’élévation intellectuelle du Zizou du Bigorre, voici les notes des Bleus.
Ramos à la bourre : 5/10
Sur ce match, Ramos c'était un peu ce PDG qui se dit au chevet de sa boîte mais tu ne vois que pour la remise des oscars. Lui ne s'est pas fait chier à se coltiner le copieux entrée/plat/dessert écossais. Il attendait tranquillement dans le fond de terrain, aveuglé par le soleil de Murrayfield, une IPA à la main et sa peuf goût pomme dans l'autre, observant avec un œil détaché les Bleus se faire traverser comme la ligne Maginot. Si bien qu'on s'est demandé jusqu'à la 70ème minute si tu n'étais pas resté coincé dans le couloir de Murrayfield, tu sais, celui où tu t'es (a priori) changé.
À notre sens, même ton caractère à faire pâlir Philippe Etchebest s'est fait éteindre par le (quadruple) quart d'heure américain écossais. Là où, d'habitude, tu es partout sur le terrain, à prendre les choses en main, tenter des gestes loufoques qui te réussissent et te crêper le chignon avec qui veut bien, là, tu te tapais une sieste dans le 3ème rideau avec Doudou Aldegheri et Charles Ollivon. En bon opportuniste, tes 10 dernières minutes ont néanmoins sonné la révolte, il est vrai. Mais ça vaut pas mieux que la moyenne, et tu le sais.
Moefana carbo complet : 3/10
Le paki de Chaban était-il en pleine possession de ses moyens ? Force est de constater qu'après 3 semaines à boitiller, Moefana était "oxy" avant même que les champions du canapé n'aient eu le temps de re-remplir leur bol de chips, samedi après-midi. Un plaquage manqué d'emblée qui crée la brèche pour le premier essai écossais (5e), pris à revers par le Taz Tongien Sione Tuipulotu (18e), avant de lui offrir une cravate et le costume 3 pièces qui va avec au retour des vestiaires, pris par l'incertitude qu'il amène au milieu de terrain.
Et on ne parlera pas de son replacement défensif capot ouvert - comme celui d'une 106 trafiquée après un rodéo urbain en fond de 5ème -, qu'exploita avec malice le vilain Ben White. À ce propos, t'inquiète pas Ben, quand Toulouse où l'UBB te colleront 35 points en demi-finale du Top 14 dans 3 mois, eux aussi sauront venir te rire au nez. Si le Moefana aperçu dans le dernier quart d'heure d' Ecosse/France ne t'a pas fait les côtes avant...
LBB en sortie de soirée Kedge : 5,5/10
À la vue de son coup de pied à suivre direct en touche (69e), on s'est tous dit que d'habitude, ça finissait avec essai au bout pour le Barry Allen du XV de France. Au lieu de ça et peu servi, le casque rouge le plus rapide du monde s'est donc contenté d'être efficace sur ses 2 premiers ballons (1 essai et une passe au pied décisive), quand ses courses en travers nous ont confirmé que "cheval" lui manquait en équipe de France.
Histoire de se rappeler quelques moments de rire de cette après-midi interminable pour les supporters français, on te félicite aussi pour t'être cramé comme un chef en voulant montrer à tout Murrayfield que tu aurais pu rattraper Jack Dempsey même en partant de la buvette. Réflexe pavlovien des anciens étudiants de Kedge...
Jalibert sans rebonds : 5,5/10
Jalibert, c'est un peu comme ce jeune surdoué mais en pleine crise d'ado : il est toujours meilleur dans le désordre. Sanctionné d'un carton jaune pour hors-jeu, l'ouvreur a payé pour l'équipe. Ailleurs, les rebonds n'ont pas souri à l'ouvreur de l'UBB, comme au reste des Bleus ce samedi. Mais, dans le désordre, Matthieu Jalibert a aussi mis de la vitesse en allant constamment chercher à fixer Tuipolotu pour créer des décalages et amorcer des attaques depuis ses 22 mètres, en seconde période. Même si un peu plus d'alternance aurait été préférable, par moments. Une note valable pour l'ensemble des cadres, qui ont souvent paru sans solution pour inverser le cours du match.
Antoine Dupont est humain : 4/10
Une passe en-avant dans son propre en-but au lieu d’aplatir tranquillement et de limiter les risques, une interception concédée sous la pression de son vis-à-vis et autant d’hésitations que moi quand je dois choisir entre les p’tits écoliers et les Granola le matin… On a eu beau chercher le meilleur joueur du monde comme Dupont de Ligonnès toute l’après-midi, on ne l’a jamais vraiment retrouvé, sur la pelouse de Murrayfield.
Pas plus désolant que les autres, évidemment, mais quand le navire prend l’eau de tous les côtés comme ce samedi, on attendait naturellement du Superman du Magnoac qu’il remette les Bleus dans le droit chemin. A son crédit, un essai sur une longue course de soutien à l’intérieur, une belle longueur de jeu au pied (sur les trop rares effectués ?) et une action digne des meilleurs pickpockets du métro parisien avec ballon chipé des mains à Tuipolotu ni vu ni connu qui faisait marquer Bielle-Biarrey 3 passes plus tard. Ok le pass navigo coûte une blinde, mais essaie de régulariser ta situation pour samedi prochain, Toto, stp. Un soir de Crunch, ça sera blindé de contrôleurs…
Antho Jelonch sous protocole : 6,5/10
Et dire qu’en 2026, c’est un bout de caoutchouc connecté qui a pu faire quitter la pelouse prématurément au chiropracteur du Gers. Si Gérard Cholley voyait ça… Jusque-là, l’homme aux épaules dures comme des tibias de Thaï fut le seul à cintrer du Scottish durant 50 minutes et a intronisé les flottantes de Finn Russell au rang des vestiges archéologiques de Murrayfield. Plutôt dans l’avancée ballon en main également (24m en 3 courses), la sortie du bûcheron de Vic-Fezensac a fait mal aux Bleus et a coïncidé avec la période la plus difficile du match. Passablement agacé, Jelonch a donc aussi filé un coup de casque au protocole commotion. Sans jamais pouvoir revenir sur la pelouse…
Oscar Jegou la main baladeuse : 6/10
Le garçon jouerait flanker à Mauléon qu'on n'y verrait que du feu, entre son physique de guide de montagne, sa grinta de basque et son activité de chien-poubelle. Au four et au moulin en défense, dans l'avancée ballon en main en allant intelligemment "péter" très bas pour compenser son manque de poids, le Rochelais tirait la langue dès la 50e mais a puisé dans ses réserves pour inscrire un essai au bout d'une action en mode "hourra-rugby". Le problème avec lui, c'est qu'il a souvent les mains baladeuses... Et qu'à en connaître l'affection des commissions anglo-saxones pour les Français, ça sent la fin du Tournoi pour mister Jegou...
Les remplaçants
Baila Bamba : 7/10
Enfin un pilier droit tricolore qui remue de la viande, bordel ! Absent d'un match qui compte (ceux du Tournoi) du XV de France depuis 4 ans, le poulet fermier du Racing 92 nous a rappelé le Bamba prime qui secouait tout le monde chez les U20. À Murrayfield et même s'il n'a passé que 35 minutes sur la pelouse, les Ecossais ont ainsi fait une indigestion de ses 125kg de barbaque mobile. Solide en mêlée à son entrée et bruyant comme les détonations entendues à Dubaï la semaine dernière lorsqu'il prenait le ballon en tête de cellule, on jurerait que le gars du 93 a gagné du crédit auprès du staff des Bleus. Et qu'on devrait retrouver le bon Demba pour faire comprendre aux Anglais que le 93 c'est la Champions Ligue. Avant de danser sur du Baila la Bamba en cas de victoire dans le Tournoi...
Baptiste Serin le bossu de notre dame : 6,5/10
Vu la prestation des Bleus jusque-là, Baptiste Serin n'avait rien à perdre en entrant à 15 minutes de la fin. Au contraire, c'est souvent là que le Toulonnais est le meilleur, d'autant qu'il n'a que rarement autant de temps pour s'exprimer en Bleu. Malgré des sorties de balle pas toujours rapides, l'homme au physique de cadre-sup' a su insuffler une nouvelle énergie à la bande à Galette. Et que dire de sa course la tête dans le guidon sur sa pénalité rapidement jouée, qui amène l'essai de Jegou ? Du grand Quasimodo !
"La vulgarité, ça ne s'improvise pas" :(