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Un an avant sa Coupe du monde, où en est le rugby japonais ?
En 2019, les Brave Blossoms ont les 1/4 de finale pour objectif.

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Dans un an, le Japon accueillera la 9e édition de la Coupe du monde. L'occasion de parler du rugby nippon avec Hinato, responsable de l'excellent site japonrugby.net.

Deux victoires (contre l'Italie et la Géorgie) et une défaite (contre la même Italie), le bilan du Japon pendant les test de juin est assez mitigé non ?

Plus que mitigé, le bilan du Japon pendant les test de juin donne peu de réponses sur le niveau réel de cette équipe. Une victoire facile et méritée face à l'Italie (34 à 17) puis une défaite logique face à ces même Italiens (22 à 25) où les Nippons sont passés à deux doigts de l'emporter après un non-match total hormis le dernier quart d'heure. Le succès contre la Géorgie (28 à 0) n'apporte aucune réponse, il n'y avait rien en face ce jour-là.

Concernant l'équipe type, est-ce qu'une ossature se dégage a un an de la Coupe du Monde ? Quels postes sont en souffrance ? L'équipe comptera-t-elle beaucoup d'étrangers ?

Les Brave Blossoms commencent à avoir une ossature: Horie (2), Himeno (6), Leitch (7), Tamura (10), Fukuoka (11), Tatekawa (12) et Matsushima (15). Tous des joueurs expérimentés qui ont participé à la dernière Coupe du monde hormis le jeune phénomène japonais Kazuki Himeno qui vient de percer récemment. Je ne mets pas Amanaki Lelei Mafi dans cette ossature car hormis un miracle, son agression sur Lopeti Timani le verra licencié de NTT Shining Arcs et radié à vie des Brave Blossoms. En comparaison, en 2009, Christian Loamanu avait été licencié de Toshiba Brave Lupus et banni à vie de la sélection japonaise après avoir été contrôlé positif à du cannabis.Japon - Amanaki Lelei Mafi risque la prison suite à l'agression de son ami Lopeti TimaniLe Japon a un seul vrai poste en souffrance, il s'agit de la deuxième ligne. Dans la dernière liste élargie pour la Coupe du monde, il n'y a pas un seul joueur nippon. L'équipe comptera beaucoup de joueurs étrangers car Jamie Joseph a une vision du rugby nippon des années 90/début 2000. C'est un très bon entraîneur mais un mauvais sélectionneur qui fait preuve d'amateurisme comparé à son prédécesseur Eddie Jones, qui allait voir les matchs universitaires et lycéens (Hanazono) pour détecter le plus tôt possible les jeunes joueurs locaux prometteurs.

Un exemple : le centre Yusuke Kajimura qu'on présente comme une bombe depuis 2013 (détecté par Eddie Jones) n'a été repéré que depuis le début de cette saison de Top League (il évolue chez Suntory Sungoliath) car il était chez Meiji Univ. jusqu'à cette année.

En ce qui concerne les joueurs étrangers, la deuxième ligne étant le gros point faible, le sud-africain Grant Hattingh (Kobelco Steelers) désormais sélectionnable devrait s'imposer sans souci. En troisième ligne avec la radiation à venir de Amanaki Lelei Mafi, un autre sud-africain, Lappies Labuschagné (Kubota Spears) a une place à gagner en troisième ligne aile, ce qui repositionnerait Kazuki Himeno (Toyota Verblitz) en numéro 8.

Aux ailes, Lomano Lemeki (Honda Heat) semble gagner sa place à l'aile malgré un taux de plaquages manqués bien trop élevés qui me fait peur face à l'Irlande et l'Ecosse. Kenki Fukuoka (Panasonic Wild Knights) étant indiscutable à l'aile gauche, je verrais plus l'expérience de Akihito Yamada (Panasonic Wild Knights) et de Yoshikazu Fujita (Panasonic Wild Knights) ou l'émergence de Seiya Ozaki (Suntory Sungoliath) et Kai Ishii (NTT Shining Arcs) à droite. Malheureusement, plusieurs de ces joueurs ne rentrent pas dans les plans du technicien néo-zélandais...

Au centre, on espère tous une paire Yusuke Kajimura/Harumichi Tatekawa, avec un Rikiya Matsuda (Panasonic Wild Knights) très polyvalent sur le banc mais là-aussi on se retrouve avec des joueurs étrangers moyens comme Will Tupou (Coca-Cola Red Sparks) et Timothy Lafaele (Coca-Cola Red Sparks). Jamie Joseph fait une erreur totale en ne se concentrant pas sur les joueurs nippons à l'arrière alors que le réservoir à ces postes n'a jamais été aussi grand, de qualité dans toute l'histoire japonaise et dont n'ont jamais pu disposer ses prédécesseurs.

Récemment, ce dernier a ainsi osé dire que le réservoir à la charnière était trop faible alors qu'l n'y a jamais eu autant d'excellents demi de mêlées (Fumiaki Tanaka, Yutaka Nagare, Kaito Shigeno, etc..) et qu'il ne sélectionne même pas Takuya Yamasawa (Panasonic Wild Knights) qui est de loin le meilleur ouvreur nippon actuel alors que son coach Robbie Deans a encore décrit ces derniers jours comme un joueur de classe mondiale ! Jamie Joseph ne connaît pas le réservoir japonais...

La franchise japonaise des Sunwolves n'a gagné que 3 matchs en 16 rencontres et a fini dernière du Super Rugby 2018. Le bilan est-il forcément négatif ?

C'est le meilleur bilan de l'histoire des Sunwolves mais aux yeux de la Sanzaar c'est bien évidemment encore trop faible. On a vu du mieux sur le terrain mais avec cinq joueurs japonais au mieux titulaires en moyenne, c'est à se demander quel intérêt d'avoir encore cette franchise en Super Rugby.VIDÉO. Super Rugby. Les Sunwolves humilient les Reds, les Waratahs se trouent en beauté

On dit que l'existence même des Sunwolves est menacée*, qu'en est-il exactement ?

*La Sanzaar pense à la remplacer par une franchise des îles du Pacifique après 2020. Plusieurs clubs japonais (mieux armés) seraient intéressés pour intégrer le Super Rugby pour remplacer les Sunwolves dont Panasonic Wild Knights, qui disposera de son propre stade, le Kumagaya Rugby Stadium (rénové pour la Coupe du monde de rugby de 2019).

Les Sunwolves ont un problème majeur depuis le début comparé aux autres franchises : aucun joueur n'est en contrat avec la JRFU car ils appartiennent à des clubs corpos nippons. Les négociations pour pouvoir se faire "prêter" les joueurs sont souvent longues et la préparation est très courte (deux semaines contre trois mois pour les autres équipes) en raison du calendrier de la Top League japonaise. Rien n'est donc fait pour aider la franchise de Tokyo et 2020 s'annonce très compliqué puisque la saison 2019/2020 de Top League, reportée en raison de la Coupe du monde de rugby, aura lieu en même temps que la saison 2020 de Super Rugby.

Quelle est la situation de Jamie Joseph, entraîneur de la sélection nationale et des Sunwolves ? Est-il soutenu et vu comme l'homme de la situation ?

Il est arrivé en septembre 2016 et a du tout reconstruire, reprochant à Eddie Jones de n'avoir laissé aucune trace de ses travaux derrière lui. Il est reparti de zéro et n'a montré aucune pitié. Ne laissant même pas au légendaire deuxième ligne Hitoshi Ono (98 caps) devenir le premier joueur japonais de l'histoire à atteindre la barre symbolique des 100 sélections, même en jouant dans l'Asia Rugby Championship. C'est une chose qu'on peut énormément lui reprocher car Hitoshi Ono a été un exemple pour la sélection japonaise durant tant d'années, étant montré comme le modèle à suivre par son ancien sélectionneur Eddie Jones.

Il ne sera pas l'entraîneur des Sunwolves pour la saison 2019 de Super Rugby, laissant sans doute ce poste à son adjoint Tony Brown . Il va se concentrer sur la préparation du Japon pour la Coupe du monde de rugby l'an prochain. Ainsi la grande majorité des internationaux nippons ne joueront quasiment pas en Super Rugby en 2019. Jamie Joseph est soutenu par la fédération japonaise de rugby. Son expérience passée en tant que joueur au Japon et son titre de Super Rugby avec les Highlanders en 2015 parlent pour lui. Mais si les résultats ne sont pas au rendez-vous, il sera bien évidemment éjecté de son poste de sélectionneur.

Dans un an, le Japon accueillera la Coupe du Monde. Quel est le niveau de popularité dans le pays par rapport aux autres sports ?

En terme de popularité, le rugby est très loin derrière le base-ball (le sport national) et le football notamment. Mais pour autant c'est un pays avec une très longue histoire rugbystique (premier club crée en 1866) et qui dispose de quelques bastions. A commencer par Higashi-Osaka et le fameux Hanazono Stadium, premier stade construit uniquement pour le rugby au pays (1929) où se joue chaque année le très connu tournoi national lycéen nippon de rugby, plus communément surnommé "Hanazono".VIDEO. Coupe du monde 2019 - Kamaishi se reconstruit après le tsunami de 2011L'autre bastion fort est la petite ville côtière de Kamaishi, connu pour son glorieux passé historique avec la fameuse équipe de Nippon Steel Kamaishi (aujourd'hui Kamaishi Seawaves), qui sous la glorieuse époque avec son célèbre ouvreur et international nippon Yuji Matsuo, en a fait l'un des deux clubs japonais les plus titrés de l'histoire (neuf titres de champion du Japon et huit All Japan Championship) avec Kobelco Steelers, ces deux équipes ayant la particularité d'avoir été les seules à réaliser le doublé sept années de suite : champion du Japon et All Japan Championship ("finale" contre le champion national universitaire). Kamaishi, qui vient d'avoir son stade de rugby construit, accueillera plusieurs rencontres de la Coupe du monde 2019 au Japon (Namibie/vainqueur tournoi de repêchage et Fidji/Uruguay). Un bel hommage pour cette petite ville connue pour sa sidérurgie et son passé rugbystique et qui a été grandement frappée par le tsunami du 11 mars 2011 (plus de mille morts pour une population de 40 000 habitants)

Les Brave Blossoms sont dans une poule relevée avec l'Irlande, l'Ecosse, les Samoa et la Russie. Le Japon sera-t-il prêt ? Peut-il raisonnablement atteindre son objectif, à savoir les 1/4 de finale ?

Le Japon sera-t-il prêt en 2019 ? Je ne suis pas devin. Par contre ce que je peux dire, c'est que le Japon actuel n'est pas au niveau (notamment défensif) pour espérer aller en 1/4 de finale en battant l'Irlande ou plus probablement dans un faux huitième de finale face à l'Ecosse. Et en plus de cela, il ne faut pas oublier les Samoa. Quel visage afficheront-ils l'an prochain ? Le passé nous a souvent montré qu'il ne faut jamais se fier aux résultats des sélections des îles du Pacifique (Samoa, Fidji, Tonga) lors des tests matchs de juin et de novembre, ces équipes n'ayant que très peu de préparation et manquant souvent de plusieurs de leur cadres (joueurs retenus par leur club). L'objectif affiché est un 1/4 de finale mais une troisième place (qualification directe pour la coupe du monde 2023 en France) serait déjà un bon résultat.

Merci Hinato de japonrugby.net

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  • mimi12
    75815 points
  • il y a 1 an

Article intéressant qui permet de se familiariser avec le rugby japonais !

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