Higashi Fukuoka High School : immersion au sein du rugby scolaire japonais [Reportage]
Higashi Fukuoka High School : immersion au sein du rugby scolaire japonais.

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À moins d'un an de la Coupe du monde, direction le Japon pour découvrir le lycée Higashi Fukuoka, réputé pour son équipe de rugby.

Le nom d’Hanazono vous est peut-être inconnu. Pourtant, dans le monde du rugby japonais, il est une institution. Stade mythique situé à Higashiōsaka, où l’équipe nationale a disputé le premier match international sur le sol japonais contre le Canada en 1932, il accueillera quatre rencontres de la prochaine Coupe du monde. Mais Hanazono, c’est aussi le surnom donné au tournoi national lycéen, qui fête cette année sa 98ème édition. Au Japon, le rugby est un sport scolaire. Chez les jeunes, on n’y joue pas dans un club mais pour son collège, son lycée ou son université.

En 2017, 25 273 lycéens, répartis dans 1039 établissements, taquinaient ainsi le ballon ovale après les cours, selon les chiffres de la JRFU. Les meilleurs d’entre eux disputent le fameux tournoi Hanazono, qui débute ce 27 décembre. Et le lycée d’Higashi Fukuoka, qualifié pour la 19ème fois consécutive, sera l’un des favoris.

Bienvenue au lycée Higashi Fukuoka

Tous les Japonais connaissent le nom de cette école.À entendre Koga Sakai, on jurerait que ce professeur n’exagère pas au moment d’évoquer la renommée de son école. Construite en 1955, elle est une référence en termes de réussite scolaire. Ici, 97% des lycéens diplômés vont à l’Université, quand la moyenne nationale est de 50%. Se promener dans les couloirs d’Higashi Fukuoka, c’est se rendre compte que le succès sportif est aussi au rendez-vous. Les trophées s’accumulent, bien en évidence. Et parmi eux, ceux gagnés par l’équipe de rugby, championne nationale à six reprises. Sakai d’expliquer : les collégiens ayant déjà joué au rugby choisissent cette école parce que l’équipe est réputée.” Tous rêvent notamment de marcher dans les pas de Wataru Murata, ancien étudiant devenu international au poste de demi de mêlée, mais aussi le premier Japonais à évoluer en France, sous le maillot de l’Aviron Bayonnais.

Les trophées s'accumulent dans les couloirs du lycée.

Synthétique et discipline

Il est 16h, ce mardi 23 octobre. Les cours de la journée sont terminés, mais les membres de l’équipe de rugby prennent tous la direction du terrain synthétique, le seul consacré à la pratique de leur sport au sein de l’établissement. En tout, 125 élèves vont s’entraîner en même temps ! Ici, pas de sélection selon le niveau : tout le monde est accepté. Les récents résultats du Japon ont-ils boosté les inscriptions ? “Non”, répond le coach Fujita. Ce professeur d’EPS est seul pour encadrer ses joueurs. Un problème, selon lui. “Au Japon, le sport scolaire est très important. Mais l’obstacle, c’est le manque d’entraîneurs. La Fédération ne nous aide pas.

Quand le coach prend la parole, on se tait, et on écoute. Discipline.

Ce qui ne l’empêche pas d’exercer un total contrôle sur ses troupes, à raison de six entraînements hebdomadaires. Imaginerait-on qu’une équipe de lycée français s’entraîne six fois par semaine ? Le niveau est en tout cas impressionnant. Il faut les voir aligner des passes sautées de 20 mètres sans problème et à pleine vitesse. On jurerait que la technique individuelle de ces jeunes de 15/17 ans est supérieure à bon nombre de joueurs de Fédérale… Fujita de poursuivre :

Un déficit physique ? Nous, on travaille sur la vitesse, la prise de décision. Les joueurs japonais sont très obéissants. Mais quand on leur dit d’improviser, ils ne savent pas faire.

Un problème culturel déjà soulevé par Eddie Jones, alors sélectionneur des Brave Blossoms. Et si parmi ces jeunes, certains toucheront peut-être un jour le haut niveau, aucun ne sort non plus du lot pour ses caractéristiques physiques. Deux manques souvent comblés par des étrangers, au sein même de l’équipe nationale. Arrive-t-il aux lycées japonais de recruter des joueurs venus de l’étranger ? “Pour l’instant, il n’y en a pas à Higashi Fukuoka. Mais ça se fait dans d’autres lycées.” Deux jeunes ont ainsi été recrutés des Tonga au lycée voisin de Tokai. “L’Université référente le fait, accepte les étudiants venus de l’étranger. Du coup, il se passe la même chose au lycée.” Une méthode pas forcément gagnante : Tokai n’a même pas décroché sa qualification pour disputer le tournoi Hanazono.

Un effet Coupe du monde qui tarde à venir

Talonneur et capitaine de son lycée, Sho Fukui joue au rugby depuis l'âge de 11 ans. Ce fan de Keven Mealamu découvre d’abord le ballon ovale via… le football américain. “J’ai préféré le rugby. Il y a plus de plaquages, moins de temps mort. Même si on n’a pas la balle, on est toujours en mouvement. C’est plus dur, mais c’est aussi ça qui m’a attiré.” Son rêve ? Jouer en Top League. Son équipe préférée, les Kobelco Steelers, vient d’ailleurs de remporter le championnat.

Sho Fukui, capitaine d'Higashi Fukuoka High School

Mais avant de s’imaginer dans les pas de Dan Carter ou d’Adam Ashley-Cooper, va-t-il aller voir des rencontres de la Coupe du monde 2019 ? “J’aimerais”, confie-t-il, avant d’avouer que l’engouement autour de la compétition tarde à venir. Si le lycée est une institution respectée, il n’est - pour le moment - pas impliqué dans l’organisation de la Coupe du monde. Sur les 47 préfectures que compte le Japon, celle de Fukuoka est pourtant l’une des plus passionnées par le rugby.

Un sport mis sous le feu des projecteurs depuis 2015, suite à l’exploit majuscule des hommes d’Eddie Jones contre les Springboks. Pour autant, à moins d’un an d’une Coupe du monde organisée sur ses terres, le ballon ovale reste loin derrière le football et le baseball. Et de Yokohama à Tokyo en passant par la ville de Fukuoka, on est en effet très loin de sentir monter l’engouement pour ce Mondial.

Trois matchs auront lieu au Level5 Stadium de Fukuoka, où évoluent habituellement les Coca Cola Red Sparks (Top League). Une superbe enceinte où les Bleus défieront notamment les Etats-Unis, le 2 octobre prochain. Sho verra-t-il les Morgan Parra, Teddy Thomas et Mathieu Bastareaud défier les Eagles ? Il voit plus loin. “J’aimerais bien disputer un match d’une Coupe du monde, un jour…” Rendez-vous en 2023 ?

Le Level5 Stadium de Fukuoka accueillera trois rencontres du Mondial 2019.

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Chouette article!
Le jour où les japonais réputés disciplinés sauront être à la limite de la règle et mieux improviser, je pense qu'ils pourront gagner les foules.

Quand on voit ces lycées japonais et qu'on compare avec les nôtres, ça fait rire jaune.
Joyeux sourire Noël mari du : https://lelinzhou.blogspot.com/2018/12/le-sourire-du-mardi_25.html

  • mth
    327 points
  • il y a 1 an
@lelinzhou

Oui les leurs sont hyper propres.

@lelinzhou

Mardi pov bécile !

@lelinzhou

Tention, tu commences à discuter avec toi même. 🙂
Joyeux noël! 😉

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