VIDEO. REPORTAGE - Ecosse vs Nouvelle-Zélande depuis les tribunes de Murrayfield

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VIDEO. REPORTAGE - Ecosse vs Nouvelle-Zélande depuis les tribunes de Murrayfield
Grosse ambiance lors des hymnes à Murrayfield.

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Revivez le match phénoménal entre l'Écosse et la Nouvelle-Zélande avec l'ambiance de Murrayfield pour le quasi-exploit des Écossais.

Le contexte :

Pas besoin de vous faire un rappel sur la domination des Blacks sur le rugby mondial. 2 courtes défaites en 2017, les doubles champions du monde en titre étaient assez sereins en arrivant à Edimbourg. Concernant leurs adversaires du soir, les joueurs du Chardon n'ont jamais gagné les Blacks en plus de 30 matchs ! Dernier résultat en date, une courte défaite en 2014 lors de la tournée d'automne. Souhaitant s'inspirer de leurs cousins celtes irlandais, les Écossais de Stuart Hogg veulent à tout prix réussir l'exploit de tomber les « néo-z » à la maison.

L'ambiance en ville :

Edimbourg est une ville qui pue le rugby à plus d'un titre. Autant Glasgow est le fief du football écossais avec le Celtic et les Rangers, autant Edimbourg est le cœur ovale du Chardon : Murrayfield, le camp d'entraînement et les locaux de Scottish Rugby y sont implantés. De mon arrivée à l'aéroport jusqu'à mon retour, impossible de se balader sans croiser des gens avec des maillots ou parka soit des Blacks ou plus souvent aux couleurs de l'Écosse (et sans entendre de cornemuse aux coins des rues). Le centre ville étant assez compact, on se rend vite compte qu'il se passe quelque chose le jour du match, c'est un festival de kilt en tout genre, de supporters emmitouflés sous d'épaisses couches de manteaux ou d'écharpes, là aussi arborant un tartan ou un chardon. Aussi, j'ai croisé plusieurs fois le car des Blacks pendant mon séjour et même ses derniers se promenant à côté de leur hôtel sans aucune pression.

Le stade :

Murrayfield, au même titre que le Millenium ou Twickenham est à vivre au moins une fois. C'est un vrai stade de rugby, encore dans son jus, avec un charme authentique par rapport à des enceintes plus modernes comme à Dublin ou Cardiff. Dès la sortie du tram, on y est : des cohortes d’Écossais se pressent vers l'entre du Chardon. Nos narines sont titillées par une chaude odeur de grain grillé, il s'agit des effluves de la distillerie de whisky mitoyenne au stade. Ambiance. Une fois passé les antiques portillons nichés dans leurs guérites de briques, direction une des multiples buvettes pour attraper une Tennent, la Kro locale. Le service est rapide, souriant et la bière est peu chère. À la mi-temps, on peut ravitailler presque sans louper le début du second acte. Rien à voir avec le Stade de France et ses queues interminables pour de la pisse tiédasse hors de prix. Il est aussi bon de noter là aussi que contrairement à notre Stade de France, on voit bien le terrain, même en étant dans les travées supérieures. 

Comme au Groupama Stadium, on peut faire un noir total, ce qui permet de faire un show pyrotechnique et lumineux juste avant l'entrée des joueurs, qui fait monter l'ambiance. L’ambiance au stade : Parlons-en, avec quelques bières dans le cornet, une playlist excellente et ce petit intermède lumineux d'avant l'entrée des joueurs, l'ambiance est électrique. Les protagonistes se sont avancés sur le pré, et les clameurs de « Scooooootland, Scoooootland » se sont mises à raisonner dans les travées. Après l'hymne neo zelandais, place au Flowers Of Scotland (vidéo ici), chanté haut et fort par tout le stade. L'émotion est à son comble pour le dernier couplet qui est maintenant à cappella. Classe et grandiose. Le Ka Mate est exécuté par les hommes en noir sous de vibrants « Scooooootland, Scoooootland », puis un tonnerre d'applaudissements a suivi pour une ancienne gloire écossaise, Doddie Weir, qui combat une maladie dégénérative et qui a donné le coup d'envoi fictif.

Crédit vidéo : Nicolas Grisoni

Les moments marquants :

C’est un match qui a débuté sur les chapeaux de roues, avec une équipe d’Ecosse qui, fidèle à ses valeurs, a envoyé un rythme et un combat effrené dès le coup d’envoi.

  • 5e : Hogg crée une première brèche et par la suite, l’Écosse bénéficie d’une pénalité convertie par Finn Russell.
  • 28e : Hogg est plaqué en l’air par Naholo lors d’une réception de renvoi, l’arbitre anglais du match se contentera d’une simple pénalité. Bronca de Murrayfield qui revoit l’action sur les écrans géants. Mention spéciale à la playlist diffusée pendant le vidéo arbitrage, qui crée une espèce de pépite tension, ce qui garde le stade sous pression, prêt à rugir lors de la décision de l'arbitre.
  • 34e : Nouveau tournant du match, Tommy Seymour semble mal géré la réception d’un ballon proche de sa ligne d’en-but et l’arbitre considère qu’il rentre le ballon dans son en-but. Mêlée pour les Blacks à 5m. Suite à l’action suivant la mêlée des Blacks, Barclay est pénalisé et Barrett ouvre enfin le score pour les Néo-Z. 3-3

Mi-temps : un score peu flatteur au vue de la débauche d’énergie et des grosses occasions écossaises. En tribunes, les supporters sont comblés par l’état d’esprit et l’attitude quasi irréprochable des guerriers au Chardon. Les Blacks ont eux simplement géré sans fulgurence ou presque, mais on sent que Ioane ou SBW ont des fourmis dans les jambes. Quel régal !

  • 44e : Il suffisait de le dire, des Ecossais moins tranchants et des Blacks plus précis, un off-load de Ioane et une belle course du talonneur Codie Taylor pour aller inscrire le premier essai du match. Il ne sera pas transformé par Barrett. 3-8
  • 51e : Il n’en fallait pas tant aux Blacks et à Sonny Bill Williams, suite à un énième récital de mouvement général des Blacks, claque un coup de pied rasant à 15m de l’en-but, que récupère McKenzie sous les perches. Barrett transforme. 3-15
  • 61e : Profitant de la supériorité numérique, Jonny Gray, d’une charge terrible, franchit la ligne d’en-but et s’écroule en terrepPromise. Murrayfield exhulte avant de se taire pour que Russell transforme sereinement. 10-15
  • 66e : La réponse du berger à la bergère pour ce qui est certainement un des essais de 2017. SBW plaqué par deux défenseurs livre un sublime off-load et Barrett fini l’action. Incroyable de précision et de facilité, malgré le carton jaune de Cane. L’ouvreur black transforme. 10-22.
  • 76e : Mais dans la contrée de Braveheart, à cœur vaillant, rien d’impossible et c’est Huw Jones qui vient aplatir un essai suite à une fabuleuse action de Hogg et Seymour. Russell transforme et Murrayfield est debout pour les dernières minutes. 17-22
  • 80e : L’Écosse récupère son coup de renvoi. Stuart Hogg a le dernier ballon, il s'échappe sur l'aile après un beau mouvement. Plaqué, il tente le dernier offload, il sera en avant. Cruel pour l'homme du match, qui a transcendé son équipe et qui manque l'occasion de marquer l'histoire.

Crédit vidéo : All Blacks
Fin du match, 17-22, les spectateurs sont debout, à applaudir et à chanter à tout rompre, c’est fabuleux. Ce public écossais est énorme, car à chaque moment intense, que ce soit face aux coups de boutoir des gaillards en noir ou bien lors des échappées des joueurs au tartan, Murrayfield répond présent, tout le stade, des loges aux virages. Un supplément d'âme auquel on est peu habitué en France, même au Michelin ou à Mayol.

Si les blessures les épargnent et qu'ils gardent ce fond de jeu, cette envie et ce combat permanent, les Écossais seront difficile à manœuvrer pendant le Tournoi. À suivre donc pour un Écosse-France en février qui s'annonce coriace pour la bande à Novès, et qui vaudra le coup d'œil.

Le retour :

Le tram étant bondé, de nombreux bus desservent le stade. Sinon le centre-ville n'est distant que d'une demi heure à pied, il suffit de se laisser porter par le flot de supporters. Dans la soirée, tous les pubs du stade au centre-ville étaient garnis de spectateurs entrain de refaire le match en jettant un œil sur le résumé d’Angleterre / Australie. Compliqué de trouver un troquet retransmettant France / Afrique du Sud. Au final on l'a regardé sur un smartphone en 4G, et vu le spectacle, c'était suffisant et surtout désespérant après l'orgie de jeu et d'envie à laquelle nous venions d'assister.

Annecdote :

Pour répondre à la question de comment avoir des places, j'ai pu obtenir les places grâce à une amie qui habite sur place que j'ai troqué contre un ravitaillement en charcuterie et fromages #ValeursDeLOvalie.


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