XV de France. Demi d'ouverture : vers la fin d’un chantier chez les Bleus ?

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XV de France. Demi d'ouverture : vers la fin d’un chantier chez les Bleus ?
DEMI D’OUVERTURE : vers la fin d’un chantier en équipe de France ?

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On peut clairement dire que c'est un sujet qui fait autant jaser que le débat sur Benzema...

C’est un éternel débat. Si au poste de demi de mêlée, le vivier français est riche, on ne peut en dire autant pour l’autre poste de la charnière. Le demi d’ouverture est peut-être le poste le plus controversé en équipe de France. Pourtant, dans ce sport, il représente la pièce maîtresse d’une équipe. Et s’il manque d’automatismes ou n’est tout simplement pas au niveau, c’est le niveau de jeu de l’équipe général qui diminue.

Personne pour s'installer, un mal bien français

Depuis l’ère Lièvremont (2008), près d’une dizaine d’ouvreurs ont été testés en un peu moins de dix ans. Parmi eux, les François Trinh-duc, Frédéric Michalak, Jules Plisson, Jean-Marc Doussain, Morgan Parra, Rémi Talès ou encore Benoît Baby (et oui, il a été titulaire à l’ouverture sous Marc Lièvrement contre le Pays de Galles en 2009), sans oublier les inoxydables Lionel Beauxis et David Skrela. Si on fait le calcul, ça ne nous fait pas loin d’un numéro dix par an. Si on compare avec les autres équipes du Top 5 mondial, c’est un quota bien trop élevé. Chez les Blacks, Daniel Carter et Beauden Barrett sont les meilleurs de leur génération ; l’Angleterre dispose de George Ford et Owen Farell ; l’Australie a Bernard Foley ; l’Argentine est menée par Nicolas Sanchez… Ces joueurs sont installés à leur poste depuis un moment et font des merveilles avec leur équipe nationale. Le casse-tête de l’ouvreur français (et de la charnière de manière générale) est un problème permanent. Il n’y a pas une rencontre internationale où on se pose la question de quel joueur floqué du numéro 10 guidera le jeu des Bleus. Et si Camille Lopez semblait prendre les devants ces derniers mois, une fracture de la malléole a gâché le bel élan du Clermontois. La poisse…

Des options pour Guy Novès

Or, cette saison, un vent de fraîcheur et de jeunesse souffle sur les pelouses du Top 14. Si Philippe Saint-André à l’époque se plaignait du manque de demis d’ouverture français en championnat (on se souvient tous de : « Johnny Wilkinson ? On ne peut pas le prendre. Luke McAlister ? On ne peut pas le prendre. Jonathan Sexton ? On ne peut pas le prendre »), Guy Novès dispose de plusieurs options. Car si Trinh-Duc et Lopez appartiennent désormais à la catégorie « expérience », la jeune garde française est prête à prendre la relève. Le leader de cette nouvelle génération est le Toulonnais Anthony Belleau, qui a pris la place de FTD, de dix ans son aîné, au RCT. Buteur, plaqueur et bon distributeur, celui qui s’est révélé grâce à son drop en demi-finale du Top 14 face à la Rochelle, a tout pour s’installer à long terme en équipe de France. Dès la coupe du monde 2019 ? Peut-être un peu tôt.

La question aussi est de savoir combien d’ouvreurs souhaite prendre le staff des Bleus au Japon ? Camille Lopez est le titulaire du poste et, dans l’état actuel des choses, semble dans le bon wagon. Mais aucun autre n’est assuré de faire le voyage chez les Nippons. Guy Novès a confié au début de son mandat qu’il ferait de François Trinh-duc un des cadres de son équipe. Son jeu porté vers l’attaque en provoquant la défense plaît au boss du XV de France. Pas épargné par les blessures, l’ancien Montpelliérain retrouve petit à petit du temps de jeu (un petit coup de pouce de Galthié ?) dans son club et a cette capacité de couvrir les postes de centre et d’arrière. Mais il a face à lui son jeune coéquipier à Toulon, Anthony Belleau, qui ne cesse d’enchaîner les bonnes performances. Tellement, que Novès n’a pas hésité à le titulariser face aux Blacks. Un coup dur pour FTD qui n’est rentré que 5 minutes à… l’arrière, alors que son concurrent n’était pas dans un grand jour. Un signal fort envoyé par le staff tricolore. Trinh-duc a plutôt intérêt à se montrer convaincant face à l’équipe B des All Blacks ce mardi pour montrer qu’il a sa place. Sinon, l’avenir sous le maillot frappé du coq s’annonce compliqué pour l’enfant du Pic Saint-Loup. Surtout que derrière, les petits jeunes frappent à la porte.

Une nouvelle génération

Belleau n’est pas le seul petit jeune au poste. Les clubs du championnat français ont lancé dans le grand bain quelques pépites cette année et pourraient bousculer les lignes. Notamment Matthieu Jalibert (19 ans, 7 feuilles de match toutes compétitions confondues). Le Bordelais a déjà failli être le héros de son équipe face au Stade Toulousain. Disposant d’un bon pied, il a plus un jeu d’attaque et déplacement à la Barrett qu’un jeu de gestionnaire à la Wilkinson.

VIDÉO. Top 14 - UBB. Matthieu Jalibert continue d'apprendre mais le potentiel est làOn peut également citer Romain N’Tamack (18 ans, 3 feuilles de match). Le fils d’Emile a guidé les Barbarians français face aux Maori et a fait taire quelques détracteurs. Agile et bon distributeur, le Toulousain doit encore améliorer sa défense pour atteindre les sommets. Enfin, les Thomas Darmon (19 ans, Montpellier, 5 feuilles de match), Dorian Laverhne (18 ans, Clermont, 2 feuilles de match) ou encore Louis Carbonel (18 ans, Toulon, 2 feuilles de match) font partie de cette nouvelle génération dorée, pleine d’audace, qui pourrait éblouir le Top 14 dans les années à venir et pourquoi pas raviver la flamme du « French flair », en voie de disparition ces dernières années. En les lançant dans le grand bain assez tôt, ils pourront se rendre compte du niveau qui les attend. Comme l’a dit papa Rougerie à la fin du match contre les All Blacks Maoris, « faites les jouer ! ». Une génération qui arrivera à maturité dans les prochaines années. Dès la Coupe du monde 2023 ? En France, on l’espère… Et vous vous en pensez quoi ?


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