Le Brésil en mode guerriers pour affronter le haka des Maori All Blacks [VIDÉO]

Le Brésil en mode guerriers pour affronter le haka des Maori All Blacks [VIDÉO]
Les Brésiliens ne se sont pas défilés face au haka néo-zélandais.
Les joueurs de la sélection brésilienne ont décidé de défier le haka des Maori All Blacks d'une manière assez particulière.

Le haka, cette danse connue dans le monde entier et qui fait toujours autant frissonner les stades. Comment lui faire face ? De nombreuses équipes, notamment la France ont tenté plusieurs expériences. Se rapprocher quasiment nez à nez ? Comme lors du quart de finale historique en 2007 à Cardiff, voyant les Bleus de Laporte triompher des Néo-Zélandais. Cela est désormais interdit. Avancer en position de V ? Pourquoi pas.VIDÉO. Les USA se la jouent XV de France lors du haka des Maori All BlacksQuoiqu'il en soit, les Brésiliens voulaient marquer l'occasion. Derrière les leaders, initiateurs de l'idée, les Tupis (surnom de l'équipe brésilienne de rugby) se sont tenus bras dessus, bras dessous, genoux fléchis, prêts à combattre les joueurs au maillot à la fougère argentée. Un hommage que les joueurs ont voulu rendre aux Indiens Tupis (d'où leurs surnoms), qui effectuaient ce rituel avant de partir en guerre, comme nous l'explique Felipe Sancery, ancien joueur formé en France, désormais membre de cette sélection brésilienne. « On avait envie de marquer notre empreinte. Cela nous a permis de nous sentir unis et forts ». Un moment que retiendront inévitablement les joueurs et supporters brésiliens et qui fait en quelque sorte oublier la défaite (3-35).Crédit vidéo : devinZA


Felipe Sancery, formé en France, et désormais international brésilien à XV et à VII, revient sur ce match mémorable malgré la défaite.

Je n'avais jamais vu ça ! 

Felipe, savez-vous dans quelles conditions a été organisée cette rencontre ?

Ce match a été prévu par World Rugby et fait partie de la tournée des Maori All Blacks. Ils ont affronté les États-Unis une semaine avant nous et là, ils s'apprêtent à défier le Chili.

À quelles échéances vous prépare ce match ?

On effectue également une tournée. À la suite de ce match, nous allons aller disputer deux matchs en Argentine contre Tucuman et Salta. Cela nous permet de préparer l'Americas Rugby Championship, qui a lieu en février et en mars. C'est en quelque sorte le Tournoi des Six Nations des Amériques (rassemble l'Argentine XV, le Brésil, le Canada, le Chili, les États-Unis et l'Uruguay). Il y aura aussi le Sudamérica (championnat d'Amérique du Sud), dans lequel nous devrons défendre notre titre. Mais nous travaillons surtout actuellement pour préparer les qualifications pour la Coupe du monde 2023 en France. C'est notre principal objectif. D'autant qu'elles se joueront contre des équipes que nous affrontons lors de l'Americas, puisqu'on devra battre le Chili et l'Uruguay. Désormais, on a même laissé le rugby à VII un peu de côté pour se concentrer essentiellement sur ces qualifications. Ce qui est un peu dommage, car de nombreux joueurs, comme moi, adorons le VII !

Comment avez-vous préparé ce choc ?

Ça a été un peu compliqué pour nous, car l'on s'est rejoint seulement une semaine avant. Ce qui n'est pas le cas des Maori All Blacks, qui avaient déjà un match dans les jambes face aux États-Unis. De plus, ils ont été renforcés par cinq All Blacks qui ont affronté le Japon et n'ont pas été conservés pour la tournée en Europe.

Comment expliquez-vous un tel engouement pour cette rencontre ?

Je n'avais jamais vu ça ! Il y a eu 35 000 spectateurs à São Paulo, c'est historique ! Le record il me semble, c'était un match contre l'Allemagne en 2015, où il y avait eu 10 000 personnes. Au niveau de l'audience télévisuelle aussi, j'ai entendu que les chiffres étaient spectaculaires, le match a été extrêmement suivi. Je pense, qu'au-delà de la venue de joueurs néo-zélandais, de nombreux moyens, comme des reportages, qui ont été mis en place, ont énormémenent contribué à faire de cet événement quelque chose d'unique. C'est vraiment super pour le rugby brésilien ! Ça fait notamment sortir un peu les jeunes du foot. Sur ces dernières années, le rugby a extrêmement grandi au Brésil, et ce genre de rassemblement va accentuer cela. Même si le rugby reste amateur ici, il est désormais présent dans toutes les villes.

Avez-vous été surpris par le jeu proposé par les Maori All Blacks ?

Pas forcément. En fait, c'est un jeu assez similaire aux grosses équipes que nous avons l'habitude de jouer comme l'Argentine XV, le Canada ou les États-Unis. Après, les conditions étaient assez horribles, il a beaucoup plu. Ce qui n'était peut-être pas plus mal pour nous ! (rires). Mais ils ont su malgré tout se servir de celles-ci puisqu'ils nous marquent trois essais sur maul et un sur pick and go. Pour autant, malgré le score, nous sommes tout de même satisfaits de ce match.Crédit photo : Instagram Felipe Sancery.