La Coupe de l'Immonde N°7

La Coupe de l'Immonde N°7

Publié le 08-08-2011 à 13h12 - Mis à jour le 08-08-2011 à 13h12 // Par G+
DISCLAIMER : Ceci est une chronique satirique d'Ovale Masqué, un presque super héros rugbyphile et alcoolique dont la folie sans limite accouche de temps à autre de fictions comme celle que vous lirez sur cette page. Ça chambre, ça balance des trucs pas toujours vrais, ça appuie là où ça fait mal, et c'est pas toujours drôle. Mais finalement ces chroniques sont à l'image des chansons de Patrick Sébastien : pleines d'amour. Allez musique !


Après avoir évoqué le XV d'Angleterre, intéressons nous aujourd'hui à l'autre Némésis de l'équipe de France de rugby, l'Argentine. La super bonne nouvelle, c'est qu'ils sont dans la même poule cette année et qu'on a grande chance de tomber sur un des deux en ¼, et donc de se faire éliminer encore plus vite que d'habitude...
Pour dompter les terribles Pumas et remplir cette fiche, le boss, le vrai, l'unique (c'est moi qui écrit là, je me fais plaisir) Ovale Masqué est de retour, avec l'aimable et excellente participation d'Ovale de Grace, qui non, n'est pas sa meuf mais une estimée et fidèle collègue de la Boucherie Ovalie, grande spécialiste de l'Argentine, et aussi, faut bien le dire, des rugbymen argentins... mais cela ne nous regarde pas.

Présentation : le XV d'Argentine


L'Argentine est un grand pays pauvre d'Amérique du Sud qui, au cours de son histoire, a subi diverses catastrophes : guerre des Malouines, dictatures, crises économiques, règne de Madonna Péron, kidnapping de Messi par les Espagnols, installation de Florent Pagny...

C'est une terre contrastée géographiquement et sociologiquement où se côtoient les plus sanguinaires des gauchos de la Pampa et les descendants de Carlos Gardel, qui a recueilli colons Espagnols et indépendantistes basques, juifs d'Europe de l'Est AVANT l'holocauste, criminels nazis en fuite APRES.
Ces disparités sont directement constatables sur les terrains ovales et c'est ainsi que les rugbymen argentins se divisent en deux catégories : les arrières, magnifiques jeunes hommes aux physiques de divinités antiques, aux postures torrides de danseurs de tango, capables de jouer à tous les postes et de buter de 50 mètres avec un bandeau sur les yeux. Puis il y a les avants, dotés des pires tronches de gringos échappés d'un mauvais western spaghetti, susceptibles de pourrir les regroupements comme personne et de transformer un match de rugby en interminable guerre de tranchées. Malgré les apparences, les arrières comme les avants sont tous médecins, ingénieurs, ou diplômés d'école de commerce. Parce qu'il faut bien l'avouer, en Argentine, le rugby c'est un peu un sport de bourges et d'intellos. D'ailleurs lors d'une troisième mi-temps en Argentine, on écoute Placido Domingo, pas du Patrick Sebastien...

Les rugbymen argentins sont très émotifs. Lorsqu'ils chantent leur hymne national avant un match, il n'est pas rare de les voir s'agripper violemment et chialer comme des fillettes, comme s'ils étaient sur le point de se faire fusiller. Certes, en Argentine, les exécutions dans les stades font partie intégrante du folklore local, mais si les Pumas sont si émus, c'est surtout parce qu'ils sont patriotes. C'est sans doute là qu'ils tirent leur grande force. Les Argentins sont en effet très fiers d'être argentins (peut-on leur en tenir rigueur?) et ils admirent tout particulièrement les deux grandes figures historiques de leur pays : Diego Maradona et Ernesto Guevara. Le Ché fut d'ailleurs le premier joueur de rugby asthmatique de l'Histoire ce qui prouve quand même qu'il était balèze pour autre chose que vendre des t-shirts à des jeunes gauchistes mal peignés.

Leur grande solidarité provient aussi sans doute du fait que le rugby est un sport totalement amateur en Argentine, et qu'on ne peut pas vraiment dire que l'équipe nationale soit aidée par la fédération. Mais la performance des Pumas lors de la Coupe du Monde 2007 (3ème place, victoires contre l'Irlande, l'Ecosse, et deux fois contre la France) a fait bouger les lignes. On peut quand même citer l'émergence récente du Pampas XV, première équipe professionnelle argentine, qui a remporté la Vodacom Cup, sorte de seconde division de la Currie Cup sudafricaine. La prochaine intégration des Pumas au Tri Nations devrait elle aussi permettre d'installer pour de bon l'Argentine comme un grand pays du rugby. Bref, vous l'avez compris, on a probablement pas fini de perdre contre eux.

La star : Juan Martin Fernandez Lobbe


Il y a des gens comme ça, qui nous les brisent un peu à toujours tout réussir. Fernandez Lobbe, c'est une première sélection avec les Pumas en 2004, une arrivée à Sale en 2006, où il est élu meilleur joueur du championnat anglais deux ans plus tard. Dans la foulée, il débarque à Toulon et s'impose directement comme un titulaire. En 2010, il est encore le joueur ayant glané le plus d'étoiles au classement des étoiles du Midi Olympique. Capable de jouer 6, 7 ou 8, impérial sous les ballons hauts, relanceur, plaqueur, gratteur et leader (il a été capitaine de Sale, de Toulon et même des Pumas en l'absence de Contepomi) Juan Martin c'est un peu le joueur parfait. Tout ce qui lui manque finalement, c'est de jouer pour des équipes qui gagnent des titres de temps en temps...

Ici, Juan Martin dans ses œuvres, avec Contepomi, qu'on aurait pu aussi citer dans cette catégorie mais ce seul match vaut tous les commentaires !



Le joueur à suivre : Marcelo Bosch


On tient quand même le gars qui presque à lui seul a réussi à rendre le jeu du Biarritz Olympique attractif. Constamment blessé depuis 2007, trimballé en 10, 12 ou 15, Marcelo a finalement trouvé sa meilleure position sur le terrain au poste de second centre. Un second centre à l'ancienne, qui préfère jouer dans les espaces plutôt que foncer tout droit comme un gros bourrin. Son compatriote Gonzalo Tiesi est bien évidemment visé dans cette phrase... A 27 ans, Marcelo a donc trouvé sa voie, à défaut d'avoir d'avoir trouvé le chemin du coiffeur*. Peut être l'occasion pour lui d'enfin faire ses preuves au niveau international (seulement 4 petites sélections jusqu'ici).

Un reportage qui date mais on s'en fout :

Ou:

Martin Rodriguez Gurruchaga


Quand un arrière argentin arrive au Stade Français, il peut suivre deux voies : celle d'Ignacio Corleto et Juan Martin Hernandez, ou celle d'Ignacio Mieres, dit « le Fantôme de Jean Bouin ». Après sa première saison, il semblerait que Lady Gurruchagaga emprunte la première voie : polyvalent, adroit, et capable de catapulter des drops de 50m, il ressemblerait presque à un Mini El Mago. Un talent à confirmer tout de même, car s'il partage avec JMH un certain coté félin, il tient quand même parfois plus de Garfield sur les séquences défensives...

Gurruchagaga dans son exercice favori :



Le joueur au nom imprononçable:


Voir au dessus. Sinon Genaro Fessia et Alfredo Lalanne, ce n'est pas difficile à prononcer, mais c'est rigolo....

Le joueur à suivre, de loin : Juan Manuel Leguizamon


Il peut jouer 6, 7, 8, il est adroit sous les ballons hauts, puissant, explosif, habile, dur sur l'homme. En fait, Leguizamon, c'est un peu le clone maléfique de Fernandez Lobbe, la version génétiquement foireuse, le Frankenstein du rugby. Car si Juan-tan-plan Leguizamon est talentueux, il faut bien avouer qu'il est un peu border line. Plongeons dans les rucks, hors-jeux, plaquages à retardement ou à la carotide, coups de poing derrière la mêlée, il ne peut pas s'en empêcher et ses nombreuses périodes de suspension ne semblent pas l'aider à réfléchir sur le sens profond de la vie et l'importance du savoir vivre sur un terrain de rugby. Reste qu'il pourra sûrement être utile aux Pumas pour dégommer un ou deux adversaires. Après tout, c'était déjà son rôle en 2007, rappelez-vous de ce superbe tampon sur Chabal...



Le joueur qui suivra la Coupe du Monde depuis son canapé : Juan Martin Hernandez


Tout le monde se souvient de la performance exceptionnelle de Juan Martin Hernandez à la Coupe du Monde 2007, où il avait battu le record du monde de coup de pied tapés lors d'une grande compétition internationale (Coupe du Monde de foot incluse). Rappelons nous quand même que quand il ne se regarde pas trop jouer, Hernandez est un des joueurs les plus élégants et les plus doués de la planète. Disparu dans le triangle de Bermudes de Durban (le même qui a fait disparaître Thierry Lacroix et Frédéric Michalak - qui a d'ailleurs dû y retourner pour ressusciter) El Mago a à peine eu le temps de revenir à la compétition au Racing Metro cette saison, qu'il s'était déjà pété les ligaments. Pas encore officiellement forfait, il a tout de même très peu de chance de pouvoir disputer le tournoi. Dommage pour le spectacle mais l'Argentine a bien d'autres talents à l'ouverture ou à l'arrière. A surveiller aussi, d'ailleurs : Nicolas Sanchez, le prometteur N°10 du Pampas XV.

Le coach : Santiago Phelan


A la tête des Pumas depuis 2007, Santiago Phelan a fait ce qu'il a pu avec ses moyens, il a connu des résultats plutôt mitigés et pour l'instant un cran en dessous de son prédécesseur Loffreda, qui avait réussi à battre tous les pays des 6 nations à plusieurs reprises. Mais son vrai bilan sera à faire à la fin de la Coupe du Monde. D'ici là, on soulignera la qualité de l'échange culturel franco-argentin : nous on leur a envoyé Fabien Galthié, en repérage pour faire son recrutement à Montpellier, et eux nous ont refilé Gonzalo Quesada pour nous apprendre à taper des chandelles. De là à souhaiter l'exil de Marc Lièvremont en Argentine après le Mondial...

Style de jeu :


Gageons que les les Argentins débarqueront dans ce Mondial avec les mêmes intentions que d'habitude : défoncer tout le monde en mêlée fermée, pourrir les rucks et taper des chandelles. Une technique qui faisait ses preuves en 2007... mais en 2011 ?

Le scénario idéal :


Galvanisés par leur stage à Miami où ils ont chassé des alligators à mains nues, les Pumas entament la compétition avec la hargne de guerrieros de la pampa et détruisent tout sur le passage : Roumanie, Georgie, Ecosse et même les Anglais, troublés d'avoir trouvé une équipe qui tape plus de chandelles qu'eux. En ¼ de finale, les Argentins battent les Français et confirment ce qu'on pensait d'eux après 2007 : ils sont bien la meilleure équipe d'Europe. En demi-finale, ils prennent donc 48 points contre l'Australie, comme une équipe européenne normale. Ils réussissent néanmoins à glaner leur seconde médaille en chocolat consécutive, contre des Springboks qui avaient envoyé l'équipe B pour la petite finale, à moins que ce ne soit pour la compétition entière. La preuve, même François Steyn était titulaire.

Le scénario catastrophe :


Les Argentins attaquant comme à leur habitude ce Mondial le couteau entre les dents. Hélas, les nouvelles directives de l'IRB détruisent tous leurs plans machiavéliques. Le match contre la Géorgie se termine en effet par un score nul de 0-0 après qu'une mêlée instable ait été rejouée 78 fois au cours du match. Malgré une victoire face à la Roumanie, les Argentins sont tout aussi impuissants contre les Ecossais et les Anglais, qui eux, avaient bizarrement décidé de se faire des passes. Dans la foulée de l'élimination, la fédération argentine décide de programmer un Test Match contre la France, histoire de faire rigoler tout le monde et de remonter le moral de la nation, car voyez-vous un match Argentine-France, c'est un peu le classico Stade Français- Stade Toulousain, mêmes joueurs, même passif, et il est tout aussi imprévisible!

Le pronostic :


Il est toujours difficile de jauger le niveau de l'équipe d'Argentine qui ne dispose que de peu de matchs – et dans des conditions de préparations souvent pas idéales – pour s'étalonner au haut niveau international. Ces dernières années, les Pumas ont été capables de battre le XV de la Rose, de coller une grosse branlée à la France mais aussi de perdre à domicile contre l'Ecosse ou les Barbarians français... cela dit, on sait que c'est typiquement l'équipe capable de se transcender lors d'un mondial. Mais cette année, l'arbitrage ne risque pas vraiment de favoriser leur style de jeu. A l'Immonde du Rugby, on parie quand même bien sur une victoire des Pumas contre l'Angleterre en poule, et un ¼ de finale contre la France. Sauf que ce coup-ci, on va les battre. Mais oui, on y croit...

Crédits :


Ovale Masque et Ovale de Grace avec l'aimable participation de l'équipe de la Boucherie Ovalie. Merci à Capitaine pour le drapeau.
Si vous aussi vous aussi les rugbymen argentins vous donnent chaud, venez nous aimer d'amour sur la page Facebook de l'Immonde du Rugby.
*Petite pensée pour Valérie Finestra qui a rajouté "la coiffure Marcelo Bosch" dans sa carte... une vraie prouesse dans le monde des coiffeurs basques.


Dans la même série :


La France par Ovale Masqué
Les Iles Tonga par Ovale Masqué
Le Canada par Fourchette & Desman
La Nouvelle-Zélande Par Vern Crotteur
Le Japon Par Capitaine
L'Angleterre Par Poteau Feu
A venir : Un pack pays de l'Est (rien à voir avec la prostitution) avec la Georgie et la Roumanie.


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4 Commentaires sur « La Coupe de l'Immonde N°7 »
Layoye22
0 points 0% avis positifs
c'est quoi?le 10.08.2011 à 19h43

a quand un nouvel article de la coupe de l'immonde ?

Gaby66
0 points 0% avis positifs
c'est quoi?le 08.08.2011 à 20h17

Juan-tan-plan Leguizamon et Lady Gurruchagagaje sui mort de rire ... viva argentina

Clermont-FerrandPilourugby
0 points 0% avis positifs
c'est quoi?le 08.08.2011 à 17h55

sûrement la meilleure fiche que vous ayez faite. je me suis sacrément bien marré!!!! merci beaucoup

MHR - Montpellier RugbyPastek
453 points 67% avis positifs
c'est quoi ?
le 08.08.2011 à 14h05

Génial le drapeau du Puma bouffer de Coq !
Cette année l'heure de la revanche à sonnée !!
... ou pas ...

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