L'Immonde du Rugby N°23

L'Immonde du Rugby N°23

Publié le 23-11-2011 à 16h53 - Mis à jour le 24-11-2011 à 10h09 // Par G+
DISCLAIMER : Ceci est une chronique satirique d'Ovale Masqué, un presque super héros rugbyphile et alcoolique dont la folie sans limite accouche de temps à autre de fictions comme celle que vous lirez sur cette page. Ça chambre, ça balance des trucs pas toujours vrais, ça appuie là où ça fait mal, et c'est pas toujours drôle. Mais finalement ces chroniques sont à l'image des chansons de Patrick Sébastien : pleines d'amour. Allez musique !


Vous le savez, lundi dernier, Jacques Delmas a été démis de ses fonctions d'entraîneur de l'USA Perpignan. Ça a claqué dans l'air, comme un coup de revolver, comme dirait un poète catalan aviné, braillard et légèrement casse couille. Tout le monde a été surpris : il faut dire qu'en général, Jacques attend au moins la fin de l'hiver pour se faire virer....

A 53 ans, Jacques Delmas est donc devenu le chouchou des bookies qui se prennent à lancer des paris sur son futur club et sa durée à la tête des vestiaires. Plus rapide à se faire virer que George Clooney à changer d’alibi féminin de petite amie, Jacques Delmas, par sa propension inédite dans l’histoire ovale à se faire lourder, pourrait bien mériter de voir un Hachoir d’Or à son nom dans les prochaines éditions !

Sous ta tignasse gominée, son bouc de sheriff texan, derrière ce verbe fleuri qui fait le bonheur des amateurs de métaphore trash, qui es-tu Jacques Delmas ? Une question qui est longtemps restée sans réponse puisque quand on tape « Jacques Delmas biographie » dans Google, on tombe sur la page wikipedia de Jacques Chaban-Delmas, un ancien ailier bordelais inconnu possédant une unique sélection en Equipe de France.


Ici, ça n'a rien à voir, mais voici une photo de Jacques Chabal-Delmas.

Une question à laquelle je répondrai aujourd'hui avec ma camarade bouchère, ma mère spirituelle et spiritueuse, Ovale de Grace, dont j'ai sollicité l'assistance puisqu'elle est à ce jour la seule groupie de Jacques Delmas recensée sur le territoire français.

L’enfance & la carrière

Né à Montpellier à une époque qui commence à faire saliver les gérontophiles (on en connaît), Jacques Delmas a gardé une faconde et un sens de la formule, que l’ancien maire de la capitale héraultaise, récemment disparu, n’aurait pas désavoué. Déjà enfant, il se faisait régulièrement renvoyer de cours pour abus de métaphores dont aucun de ses poulets sans tête d’instituteurs n’a su apprécier la saveur.

A l’époque, Georges Houphouët Frêche n’a pas encore transformé Montpellier en Yamoussoukro à sa gloire, le jeune et fougueux Jacques s’ennuie et décide de partir découvrir le monde, et c’est tout naturellement qu’il débarque dans la mégalopole narbonnaise, où, contre toute, attente, il côtoie les cimes de l’ovale.

Sa carrière rugbystique, d’une stabilité surprenante, voire inédite puisqu’il est resté otage à Narbonne de 1968 à 1985, lui a donné pour sa reconversion, une soif de liberté et de changement ; il ne s’en privera pas, aidé même dans ses ambitions par ses employeurs. Talonneur, il a gardé une prédilection pour la percussion, malheureusement, avec de certaines répercussions.

L’entraîneur

Syndrome de Stockholm oblige, Jacques Delmas reste encore onze années à Narbonne, comme entraîneur cette fois-ci. Après quelques places d'honneur en championnat de France (deux ¼ de finale notamment) et 22 ans passé au club, il ne supporte plus la couleur orange et rejoint Périgueux, devenant ainsi fier représentant du mouvement Périgord Hardcore – ceux qui savent savent. Après trois nouvelles saisons dans l'élite avec le CAP (1998-2001) Jacques relève le Challenge de la ProD2 et rejoint le club de Grenoble. Il va ainsi accomplir un des plus grands exploits de sa carrière, en réussissant à faire remonter les Isérois en Top 14 dès sa première saison à la tête du club, et avec Brian Liebenberg comme trois quart centre. Dans la foulée, le FCG se qualifie pour les play-offs du Top 16 en 2003. Après une nouvelle saison grenobloise plus difficile, les compétences de Jacques sont enfin reconnues à leur juste valeur et il débarque à Biarritz.

Durant 4 ans, le BO atteint un niveau qu’il ne reverra plus par la suite, il remporte deux boucliers de suite en 2005 et 2006 tout en caressant un légitime rêve européen. Formant un duo complémentaire avec Patrice Lagisquet, Jacques Delmas a la légitimité, on le prend pour un intellectuel du jeu, et il fait même autorité en matière de management !

Après une première période difficile du Bého, Lagisquet est évincé et Delmas propulsé seul à la tête de l'équipe. A cette époque, Jacques est considéré comme le Michel Drucker du rugby, son caractère affable est apprécié, sa souplesse fait l'unanimité et est considérée comme une preuve de faiblesse par Serge Blanco lorsque les résultats semblent fléchir. Plus jamais personne ne songera à faire ce type de reproches au Gentil Jacques qui se transforme en Jack Delmas dès son arrivée au Stade Français, le cœur léger, le bagage mince, rempli d’une belle batterie de tranchoirs ! Saison 2009-2010, Ewen McKenzie est débarqué au début de la saison par le staff pink qui le trouve trop effacé et cherche un manager à poigne ; Jacques Delmas ne décevra pas, sur ce point en tout cas.

Durant les 8 mois que dureront son mandat à la tête du club le plus bordélique du championnat, Delmas réussit à conserver un niveau sportif dont il n’aura pas à rougir compte tenu des nombreuses absences, notamment les lendemains de cuite et les blessures de Lionel Beauxis, les coups de fourchettes suspensives de David Attoub, Julien Dupuy, la dépression post-hernandeziste de Leguizamon… Mais hélas, tous les joueurs n’apprécient pas son humour et les surnoms affectueux qu’il leur donne. Ollie Phillips ne comprendra jamais combien « poulet sans tête » lui était adapté. Étrangement, une partie de l'effectif parisien se vexa également quand Jack sous-entendit en interview que seuls Julien Dupuy et Sergio Parisse possédaient un cerveau en état de marche dans l'équipe.

C’est la saison où Jacques Delmas enchante les oreilles des bouchers les plus affutés et reçoit sa première nomination aux hachoirs d’or pour cette intervention savoureuse (vidéo et publicité : L'équipe TV) :


(Ca n'est pas évident à deviner sur cette vidéo mais il faut souligner que le Stade Français avait remporté ce match, et sa qualif en 1/4 de Heineken Cup au passage).

Nous n’arrivons pas à le sauver pour autant et les (relativement) mauvais résultats du Stade Français, les pleurnicheries de certains joueurs et la promesse de l'arrivée de Michael Cheika ont raison de lui. Comme pour Narbonne, Grenoble et Biarritz, le Stade Français opère en le voyant partir une descente inexorable. Paris restera cependant un bon souvenir, puisqu'il y trouva l'amour véritable en la personne de Didier Faugeron, son complément idéal. L'entraîneur des trois quarts du Stade Français d'alors est tout l'inverse de Jack : il a les traits doux, un sourire bienveillant, le charisme d'un tabouret oublié au fond d'une salle d'analyse vidéo, mais des compétences certaines. Hélas, contrairement à son souhait, Jack ne pourra pas emmener Didier avec lui à sa prochaine destination...

Après une saison loin de la main courante, essentiellement passée à se faire pomponner et poudrer le nez dans les studios Canal +, Jacques Delmas est donc appelé à l’USAP, orpheline de Magic Brunel. Tout cela grâce à l'émission Les Spécialistes, véritable Pôle Emploi des techniciens du rugby, qui a encore récemment trouvé du travail à Yann Delaigue et Richard Dourthe. Étrangement, personne ne veut de Jean-Pierre Elissalde, par contre...

Lorsque la nouvelle de son arrivée en pays catalan, nous nous prenons à saliver, impatients de vibrer des secousses des vestiaires, d'entendre les éclats des colères forcément épiques des joueurs au tempérament disons affirmé et d'un dompteur à leur mesure, le tout rythmé par la clameur des broncas qui remplissent Aimé Giral. Nous sommes rapidement déçus : les Arlequins n'ouvriront jamais leur cœur ardent au Sean Connery de l'Ovalie, et c'est un homme bien seul qui entretient ses ulcères pendant que ses ouailles réfractaires multiplient les branlées. Dans les rues de la citadelle catalane, il se dit que la greffe n'aurait pas pris. Arrivé avec sa délicatesse légendaire au sein d'un groupe établi depuis plusieurs années, sa méthode et son style aurait déplu. Qu'a pu bien faire Jack pour se mettre à dos les sénateurs du vestiaire usapiste ? A t-il exigé à David Marty de faire des passes ? A Jean-Pierre Perez d'aller sur le site de la LNR pour relire la règle de la zone plaqueur-plaqué ? On ne le saura probablement jamais... quoique, on peut peut être se faire une idée...


En tout cas, aujourd'hui, Jacques Delmas reprend son bâton de pèlerin à la recherche d'un club, d'une famille, d'un foyer qui écoutera ses histoires, profitera de sa sagesse, en attendant qu'un président audacieux le reprenne pour mener ses troupes aux portes de la gloire...

Et maintenant ?

Certains pensent qu'il est fini, qu'il ne se relèvera pas de cet énième largage en cours d'exercice. Ce serait mal connaître Jack Mortherfuckin' Delmas, qui malgré des résultats douteux et un caractère de merde, s'est débrouillé pour entraîner trois des plus grands clubs français de la dernière décennie, et ce successivement. Un cas au moins aussi étrange que celui de Benoit Baby, qui a réussi à signer à Toulouse, Clermont et Biarritz en ayant seulement joué 5 bons matchs dans l'intégralité de sa carrière. Alors non, nous n'imaginons pas Jack se contenter d'aller entraîner en ProD2 ou même à un niveau inférieur, comme au club voisin de Céret, ou son caractère de MONSIEUR aurait peut être été plus apprécié. Non, pour compléter son Grand Chelem de la loose, on parie donc que Jack signera prochainement à Toulouse ou à Clermont. On vous voit sourire mesquinement derrière votre écran... mais après tout un jour Guy Novès finira bien par se suicider, tourmenté qu'il est par ces satanés doublons. Et Vern Cotter ne résistera pas longtemps à l'appel de sa patrie néo-zélandaise, dont l'Auvergne n'est qu'une pâle copie, avec moins de moutons et plus de fromage. Et à ce moment, quand il faudra choisir un entraîneur expérimenté (6 clubs, tout de même) titré (2 Brennus,une finale de H-Cup et Challenge) et charismatique, on ne pourra penser qu'à Jack.

On salive déjà en l'imaginant débarquer dans le vestiaire d'un de ces deux clubs prestigieux, ne tardant pas à affubler des internationaux comptant plus de 50 sélections de doux surnoms de son crû. Il est comme ça, Jack : toujours sur le bord de la touche, les bras croisés, le regard noir, la casquette vissée sur la tête, machouillant nerveusement son chewing-gum et insultant copieusement ses cons de joueurs incapables de se repositionner correctement. On apprécie ou pas son style, mais Jack Delmas, c'est quand un sacré personnage, et un beau parcours rugbystique. Comme il le dirait si bien lui-même :
« On va quand même pas jeter bébé avec l'eau du boudin ! ».

Ovale de Grace & Ovale Masqué


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1 Commentaires sur « L'Immonde du Rugby N°23 »
Floolf
0 points 0% avis positifs
c'est quoi?le 23.11.2011 à 20h05

C'est quand meme la lose d'ecrire lose loose.

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