L'Immonde du Rugby N° 56 : France - Afrique Sud, le match avant l'heure.

L'Immonde du Rugby N° 56 : France - Afrique Sud, le match avant l'heure.
L'Immonde du Rugby N°56 vous fait vivre France - Afrique du Sud...
L'Immonde du Rugby N°56 : Ovale Masqué est allé dans le futur et vous dévoile le scénario de France - Afrique du Sud... Pour fêter les 5 ans du Rugbynistère et rendre hommage au seul bon article qu'il ait écrit depuis son arrivée sur le site (souvenez-vous), Ovale Masqué a décidé de sortir la poussiéreuse Dolorean de David Marty McFly de son garage. En effet, pour vous, notre héros est parti dans le futur, afin de vous raconter ce qu'il va se passer pendant le match France - Afrique du Sud. Mieux, il vous offre même une semaine entière en compagnie des Bleus et des Boks.

FRANCE - AFRIQUE DU SUD, LE MATCH AVANT L'HEURE

Lundi, 6h.

Heineke Meyer se réveille dans la chambre du luxueux hôtel parisien qui héberge l'équipe d'Afrique du Sud. Le sélectionneur des Springboks enfile ses chaussons, ainsi qu'une veste en kevlar. Il se munit ensuite d'un taser puis descend à la réception. Là, il salue le personnel de l'hôtel et se dirige ensuite vers l'escalier qui mène à la cave. En bas, Bakkies Botha. Affublé du masque d'Hannibal Lecter, il dort paisiblement dans une cage en plexiglas, dont les murs sont recouverts de coupures de journaux et de photos de Pascal Papé. Meyer lui sert alors son petit déjeuner, soit 15 kilos de viande rouge crue, dans une gamelle.

Lundi, 9h, à Marcoussis.

Depuis le début la Tournée d'automne, Gaël Fickou a un nouveau mentor : Wesley Fofana. Le trois-quarts centre de Clermont ne tarit pas d'éloges sur le jeune toulonnais toulousain, qu'il considère comme un « Petit Wesley Fofana, en moins bien ». Aujourd'hui, il a décidé de prendre son protégé à part pour le conseiller.

— Mise en situation. Tu reçois le ballon à hauteur des 40 mètres. Face à toi, deux joueurs. A ta droite, Yoann Huget qui gigote dans tous les sens et qui appelle le ballon, démarqué. Que fais-tu ?

—Euh... je prolonge ma course pour faire en sorte de fixer les deux joueurs, puis je décale Yoann sur l'aile pour qu'il ait le champ libre pour marquer ?

— Mais non ! Un peu de bon sens ! L'intelligence situationnelle, ça te dit rien ? Pas de l'oie sur le premier défenseur, tchick-tchak, merci, au revoir. Raffut sur le deuxième, blam, ravi d'avoir fait ta connaissance, on se revoit entre les perches. Putain c'est quand même pas compliqué ! Il a raison le vieux Novès, on vous a vraiment éduqués n'importe comment vous la nouvelle génération...

Lundi, 11h, Marcoussis.

Philippe Saint-André a décidé de remplacer la traditionnelle séance d'analyse vidéo par une petite sélection de films qui aideront les joueurs à se mettre dans la configuration mentale adéquate pour se préparer à affronter les Springboks. Les Bleus enchaînent donc à la suite le visionnage de Cannibal Holocaust, Massacre à la tronçonneuse, Funny Games, Old Boy, Irréversible, Valhalla Rising et The Human Centipede. Puis ils terminent par Invictus. Après 20 minutes de film, fou de rage, Pascal Papé détruit le téléviseur d'un seul coup de poing et s'exclame « Putain, c'est vraiment intolérable de filmer du rugby comme ça ! ». Il est acclamé par ses coéquipiers.

Lundi, 14h.

Quartier libre pour les Bleus. Morgan Parra profite de son temps libre pour accorder une interview au magazine GQ : « Je ne veux viser personne, mais jouer demi de mêlée, buter, avoir un regard ténébreux et une barbe de trois jours, je l'ai fait le premier. Aujourd'hui on dirait que certains essayent de copier mon style... c'est comme ça... je suppose que je suis devenu une référence. »

L'Immonde du Rugby N° 56 : France - Afrique Sud, le match avant l'heure.

Lundi, 17h30.

Dans un célèbre café parisien, le Springbok Jaque Fourie rencontre Eric de Cromières, le président de l'ASM, afin de signer un pré-contrat en faveur du club clermontois, comme tous les ans depuis 5 ans. Fou de joie, De Cromières sort son téléphone (un nokia pesant environ 5 kilos, millésime 1998, on est Auvergnat ou on ne l'est pas) et appelle son prédécesseur, René Fontès. « René, René ! Il a signé ! J'ai réussi ! J'ai réussi ! ». Fontès soupire longuement, puis raccroche.

Mardi, 7h.

Alors que le groupe se réunit pour prendre le petit déjeuner, Antonie Classen et Bernard le Roux, vêtus d'une marinière et coiffés d'un béret, déambulent dans les couloirs de Marcoussis avec une baguette sous le bras en sifflotant la Marseillaise. Philippe Saint-André s'adresse à eux : « Cherchez pas les gars, je vous ai déjà dit que vous n'êtes pas dans le groupe ».

Mardi, 9h.

C'est au tour de Morgan Parra de prodiguer des conseils à un nouveau venu chez les Bleus, Jonathan Pélissié.


— Ecoute-moi Julien... c'est Julien c'est ça ?

— Jona...

— Ne m'interromps pas Julien s'il te plait. Tu sais, je suis au courant des bruits qui courent sur moi. On dit que je suis mauvais joueur, que je ne supporte pas la concurrence, que je mène la vie dure à mes coéquipiers. Et bien franchement, je peux te dire que ce sont des ragots ! Je ne comprends pas pourquoi on me colle cette image. Personnellement, je me considère comme le coéquipier idéal ! Sache que je suis toujours à l'écoute et que si tu me le demandes, j'aurai toujours un conseil avisé pour toi, du haut de mes 50 sélections.

— Merci Morgan, c'est gent...

— Tu te rends comptes, 50 sélections à 25 ans ! Je te souhaite d'en arriver là un jour. Tu as quel âge, toi déjà ?

—Euh, 25 aussi...

— Ah. Mais c'est super ! Tu sais, mieux vaut tard que jamais comme on dit. Je connais plein de joueurs qui ont fait une belle carrière en ayant explosé sur le tard. Fabrice Estebanez, par exemple. Ok personne s'en souvient mais le mec était là à la Coupe du monde 2011. C'est lui qui choisissait la musique dans le bus, qui faisait des blagues. Un vrai bout-en-train !

— …

— Bref, comme je te le dis, si tu as besoin d'un conseil...

— Merci, mais je...

— D'accord, d'accord. Pas de problème Julien. Je vais t'en donner un bon, puisque tu insistes. Si jamais un jour tu débutes un match en équipe de France – je te dis ça parce que je te rappelle qu'à la base t'es le 5ème choix et que franchement, c'est pas certain que tu reviennes ici un jour – je te conseille d'abord d'éviter de croire que ça va marcher comme en Top 14. C'est bien beau les départs au ras et percées de 60 mètres contre l'équipe C du Stade Toulousain. Moi aussi je peux battre Grégory Lamboley au 100 mètres, tu sais. D'ailleurs, même PSA peut encore le faire je pense. Si tu tentes ça au haut niveau, c'est simple, tu vas te faire découper. Non en fait, moi si j'avais un conseil pour toi, ce serait : reste à ta place. Continue ton chemin tranquillement à Montpellier. Ne pense pas aux Bleus. T'as un bon salaire, pas de pression, tu joues dans une équipe sympa. Si tu fais pas de vagues, tu finiras peut-être ta carrière avec une victoire en Challenge Européen contre Exeter. Et franchement, moi c'est tout ce que je te souhaite ! En ami. Ah oui et une dernière chose, rase moi cette vilaine barbe de trois jours, ça te va affreusement mal. »

Mardi, 13h.

En larmes, Jonathan Pélissié annonce à Philippe Saint-André qu'il renonce à une carrière dans le rugby professionnel. Il compte désormais prendre une licence en amateur à Souillac. C'est donc Jean-Marc Doussain qui prend sa place dans les 23.

Mardi, 16h, sur Facebook.

Yoann Maestri is now friend with Paul O'Connell.

Mardi, 17h.

PSA annonce sa liste définitive pour le match. Yannick Nyanga éclate en larmes, prend son sac et salue tout le monde avant de prendre la direction de la porte de sortie. PSA l'interpelle : « Mais qu'est-ce que tu fais Yannick ? Tu es dans le groupe ». Ce dernier sèche ses larmes et vient se rasseoir « Désolé coach, la force de l'habitude ».

Mardi, 18h.

Antonie Claassen et Bernard le Roux, apparemment très déçus de ne pas avoir été retenus, sont en pleine discussion. Ils utilisent un langage codé très complexe pour ne pas être compris par leurs partenaires (après investigation, il semblerait que ce soit en fait de l'afrikaans).


— Je suis trop gavé !

— Moi aussi ! Pfff, on aurait dû choisir l'Afrique du Sud. Quel ingrat ce PSA, j'hallucine quoi.

— Trop d'accord ! Viens, on se venge.

— Comment ?

— On a qu'à envoyer tous les schémas de jeu de Patrice Lagisquet à Heneyke Meyer... héhé.

— Mais Antonie... quels schémas de jeu ?

— Merde.

Mercredi, 10h.

Morgan Parra est en pleine conversation avec Jean-Marc Doussain. « Tu sais que pour un talonneur reconverti, t'as une vachement bonne passe ? Non, vraiment, je te jure ! ». Heureusement, sous les conseils de PSA, Doussain porte des boules Quiès depuis 24h.

Jeudi, 11h.

Hécatombe dans les rangs des Springboks. 8 d'entre eux ont été kidnappés et seront absents pour le match de samedi soir. Selon les forces de police, les malheureux auraient été pris dans un piège à loups installé devant leur hôtel par Mourad Boudjellal.

Vendredi, 14h.

PSA annonce à ses joueurs qu'aujourd'hui, ils pratiqueront une séance d'entraînement basée sur les « skills » et la technique individuelle. Le sélectionneur de l'équipe de France sort un ballon de son sac. Plusieurs joueurs ont un mouvement de recul. Certains ont les larmes aux yeux. Thierry Dusautoir et Wenceslas Lauret semblent même terrifiés par cet objet dont ils ignoraient totalement l'existence.

Samedi, 20h30. Avant-match.

Mourad Boudjellal a finalement convaincu Bryan Habana de ne pas disputer ce match, au motif que « C'est moi qui te paye, tu es ma chose, mon jouet, tu m'appartiens et si tu dis le contraire c'est juste que t'es raciste ». Un argumentaire imparable. Pour duper Heyneke Meyer, il sera donc remplacé dans l'équipe par un sosie, interprété par Eric du duo comique Eric & Ramzy.

Samedi, 20h50.

Les deux équipes sont présentes sur le terrain. A la demande de Serge Blanco, une minute de silence sera respectée pour rendre hommage aux Philippines. Et au Biarritz Olympique.

20h52

En 2009 à Toulouse, le chanteur de reggae Ras Dumisani avait interprété l'hymne sud-africain. Logiquement déchu de sa nationalité et enfermé dans un cachot à vie suite à sa performance, il sera absent ce soir. Mais la FFR a néanmoins pris le soin de recruter Radu, sympathique chanteur et joueur d'accordéon officiant sur la ligne 13 du métro parisien, pour le remplacer. Le résultat est la hauteur des espérances : les Boks perdent les ¾ de leur audition, ce qui les gênera considérablement pour faire leurs annonces en touche tout au long de la soirée.

20h55

Les Bleus retirent leur veste de survêtement et révèlent un nouveau maillot de couleur... rouge et noire. Le célèbre Cédric de Toulon fait alors son arrivée au milieu de la pelouse, avec son tatouage maori malabar imprimé sur la moitié du visage et entonne le Pilou Pilou. Bakkies Botha, totalement désorienté, se tient la tête à deux mains. Il hurle, la bave aux lèvres et commence à frapper aléatoirement tout ce qui se trouve sur son passage, coéquipiers comme adversaires.

21h00

Les dégâts sont terribles. Après avoir perdu son âme cet été, Nicolas Mas a perdu un bras, dévoré par un Bakkies devenu totalement incontrôlable. JP Pietersen a également été mangé - Bakkies ayant toujours eu un faible pour la cuisine japonaise. Le GIGN est alors obligé d'intervenir sur la pelouse du Stade de France, armé de fusils tranquillisants habituellement réservés aux rhinocéros et d'un filet de chasse. Mais Pascal Papé s'interpose en hurlant « LAISSEZ-LE MOI ». Une bagarre éclate entre les deux seconde ligne. Elle se poursuivra jusque dans les entrailles de l'enceinte dyonisienne, où l'on finira par perdre leurs traces.

21h05

Les ramasseurs de balles, désormais également ramasseurs de membres amputés, ont fait le ménage sur le terrain. L'arbitre hésite tout de même à faire annuler le match, au prétexte que la pelouse est selon-lui « quasiment impraticable ». Mais on lui fait ensuite remarquer que c'est pourtant son état normal.

21h07

Yannick Forestier annonce à PSA qu'il ne pourra pas jouer la rencontre lui non plus. « Tu as été blessé ? », lui demande le sélectionneur national, « Non, j'ai perdu mes mitaines ».

21h10, le match.

Le coup d'envoi est donc finalement donné par Rémi Talès.

21h12

Première mêlée. Titularisé à la place de Nicolas Mas, Rabah Slimani est en souffrance. Pénalité. Elle est vite jouée par Morné Steyn, qui tape une longue diagonale sur l'aile d'Eric Judor, démarqué. Ce dernier s'empare du ballon et inscrit son premier essai international.

21h12

On remarquera qu'une fois de plus, Maxime Médard ne couvrait pas son aile sur son jeu au pied. Le fait qu'il soit assis en tribunes n'étant pas une excuse suffisante à notre goût.

21h13

Morné Steyn transforme l'essai, déjà 7 à 0 pour les Boks.

21h14

Yannick Forestier a finalement retrouvé ses mitaines. Il rentre à la place de Domingo, qui semblait déjà épuisé après 4 minutes de jeu.

21h15

Mourad Boudjellal descend sur la pelouse pour faire signer un contrat espoir à Eric Judor, après que celui-ci lui a certifié qu'il était bien JIFF. Dans la foulée, le président du RCT passe un coup de téléphone à Alexis Palisson. « Oui ? Alexis ? Au sujet de ta prolongation, j'ai une mauvaise nouvelle... »

21h16

Malgré cette courte interruption, le match se poursuit.

21h18

Florian Fritz rate son habituelle tentative de drop. C'est désormais une tradition, à l'instar des hymnes, où des gros plans du réalisateurs de France 2 sur Daniel Bilalian.

21h20

Deuxième essai sud-africain. Le demi de mêlée Ruan Pienaar repère un intervalle dans la défense française, puisque en effet, Yannick Forestier se trouve juste en face de lui. Le joueur de l'Ulster, 83 kilos, renverse ainsi le pilier castrais à l'aide de son index tendu et s'ouvre le chemin vers l'en-but. Steyn transforme, 14-0.

21h22

Victime d'une fracture de l'ego, Yannick Forestier cède sa place à Vincent Debaty.

21h25

Des agents de police pénètrent sur le terrain et procèdent à l'arrestation de Gurthrö Steenkamp, suspecté d'être le « tireur-fou » qui sème la panique en région parisienne depuis quelques jours. Il répond effectivement au signalement du suspect puisqu'il est chauve, en surpoids et habillé en vert foncé. Le joueur du Stade Toulousain enfile ses menottes (de travers) et se rend à la police sans faire d'histoire.

21h26

Malgré cette courte interruption, le match se poursuit.

21h30

Les Sud-Africains laissent la possession de balle aux Français et s'allongent sur la pelouse en attendant qu'un en-avant soit sifflé.

21h50

Une tactique qui fonctionne à merveille. La mi-temps est donc sifflée sur le score de 14 à 0.

21h55

A la mi-temps, les premiers commentaires négatifs font leur apparition sur la page Facebook du Rugbynistère :

« nul !!!! pa d'amoure du maillot, pas de valeurs, sport de tapettes !!! moi je prefer le foot je l'ai toujours dit !!!!!!!!! depuit le debus !!!!!!!!»


« c la faute à toulon trop d'étrangers le rugby franssais va mourire à cause de mohammed boujelal »


« pk ya pas PIKAMOLLE ??????? »


« psa démission il i connait rien forestier il ai trop nul lol


« TOU-LOU-SAIN !!!!!!»


« marre des pubs sur votre site !!!!!!!! »


« michalak é mauvais !!!!!! » « c kel chaine »

22h, début de la deuxième période.

Philippe Saint-André tente le tout pour le tout. Il assomme le speaker du Stade de France, s'empare de son micro et annonce le décès de Nelson Mandela, dans le but de déstabiliser les Sud-Africains psychologiquement. En vain, puisque malheureusement aucun joueur des Boks n'a réussi à comprendre son accent anglais.

22h05

Tentative de pénalité ratée pour Morné Steyn. Le demi d'ouverture a été gêné dans sa course d'élan par un supporter ayant pointé un laser vers ses yeux. On découvrira par la suite qu'il s'agissait de Jules Plisson.

22h10

Les Sud-Africains commencent à subir. Malins, les Français ont fini par comprendre qu'il était inutile de faire des passes pour jouer au rugby. De plus, la moitié de son équipe ayant été kidnappée/blessée/amputée, Heyneke Meyer ne peut procéder à aucun changement. La fraîcheur physique est du côté des Bleus.

22h25

A nouveau gêné par Jules Plisson, Morné Steyn dévisse complètement sa passe. Elle tombe directement dans les mains de Sofiane Guitoune, qui file vers l'en-but et inscrit le premier essai français de la partie. Après la victoire de l'équipe de France de football mardi, c'est décidément une sale semaine pour le Front National.

22h20

Impayable François Damiens qui rentre sur le terrain pour remplacer Rémi Talès ! Mais jusqu'où ira le facétieux comédien belge ?

22h21

Au temps pour moi, il s'agit bien de Frédéric Michalak avec une moustache.

L'Immonde du Rugby N° 56 : France - Afrique Sud, le match avant l'heure.

22h25

Frédéric Michalak justement, est dans ses œuvres. Le Toulonnais met enfin à profit son expérience aux Sharks de Durban en insultant les mères de la moitié de l'équipe des Springboks, en afrikaans. Eben Etzebeth s'énerve et tente alors de l'étrangler au sol après un plaquage appuyé. Mais Yoann Maestri s'interpose et envoie une magnifique mandale au seconde ligne des Stormers. Une bagarre générale éclate. Florian Fritz, frustré d'avoir dû jouer au rugby jusque là, se déchaîne et frappe dans le tas. Morgan Parra veut également participer, mais il se ravise, constatant qu'aucun de ses coéquipiers ne ceinture un joueur sud-africain pour lui permettre de le frapper. Yoann Maestri, lui, déchire son maillot, bombe le torse et exhibe son tout nouveau tatouage « Only Jacques Verdier can judge me ». L'arbitre décide d'expulser Etzebeth et donne un simple avertissement verbal au joueur du Stade Toulousain.

22h26

Suite à cette échauffourée, Michalak prend tout le monde de vitesse en jouant vite la pénalité, et va marquer entre les poteaux. Il transforme lui-même l'essai. 14-14 !

22h27

France Télévision nous offre cette statistique incroyable : Yoann Huget n'a pas fait une seule erreur aujourd'hui. Il n'a pas touché un seul ballon non plus, ceci expliquant cela.

22h30

Alors que les Bleus semblaient prendre l'ascendant, ils subissent un gros coup dur puisque Rabah Slimani se prend un KO suite à un coup de genou de François Louw derrière la nuque. Le jeune pilier répond aux fameuses questions du « protocole commotion cérébrale » :


— Rabah, quel jour on est ?

— Samedi.

—Bien. Où es-tu ?

— Au Stade de France.

— Combien j'ai de doigts ?

— 5.

—Bien. Qui est le président de ton club, le Stade Français ?

— ….

— Qui est le président du Stade Français ?

— … Max Guazzini ?

Il ne sera finalement pas autorisé à rentrer sur la pelouse.

22h31

Il n'y plus qu'un pilier disponible côté français, les mêlées devront donc être simulées. A moins que...

22h32

FRANÇOIS HOLLANDE ARRIVE SUR LE TERRAIN ! Sous les huées nourries du public, le Président de la République défait sa cravate (de travers), enlève sa chemise et exhibe un magnifique maillot du CA Brive, qui lui a été offert par Titou Lamaison en 1997. Il se fraye un chemin jusqu'à la pelouse et signale à l'arbitre qu'il souhaite remplacer Slimani au poste de pilier droit. Foutu pour foutu, il tente apparemment le tout pour le tout pour remonter sa côte de popularité. « Je vais leur montrer aux Français, que je ne suis pas mou ! Ils vont les voir, mes grosses valeurs ! » déclare t-il, totalement en transe.

22h33

François Hollande s'empare de son premier ballon. N'écoutant que son courage, il décide de charger aveuglément, en hurlant « POUR LA CROISSANCE ! ». Il tombe alors sur François Louw, qui lui plante la tête dans la pelouse d'un terrible plaquage cathédrale. Le Sud-Africain écope logiquement d'un carton rouge, tandis que le Président de la République est évacué en ambulance et sous les applaudissements du public.

22h38

Il ne reste plus que 2 minutes. Les Français campent dans les 22 mètres sud-africains. Morgan Parra ouvre le ballon en direction de Frédéric Michalak, bien positionné dans l'axe. L'ouvreur toulonnais ajuste son drop, qui passe parfaitement entre les perches. La France reprend les devants, 17-14 !

22h40

C'EST FINI ! VICTOIRE DES BLEUS ! 17-14 ! QUEL MATCH !

22h45

Premiers commentaires élogieux sur la page Facebook du Rugbynistère :

« michalak le meilleur !!!!!!!! je l'ai toujours dis !!! enfin tu mécoute PSA !!!! »


« vive michalak !!!! c normal il est de toulouse lol »


« super michalak !!! g toujour cru en lui »


« c kel chaine »

22h50

Alors que les Bleus effectuent leur tour d'honneur, le speaker du Stade de France annonce que François Hollande a succombé à ses blessures lors de son trajet vers l'hôpital. Le président est tombé en héros, pour sa patrie. Le lendemain, sa côte de popularité grimpe instantanément de 86%. Il se retrouve même en tête des intentions de vote pour les élections présidentielles de 2017, 64% des Français ne voyant pas de réel inconvénient à élire un mort à l'Elysée.

Constatant que son plan de retour triomphal se retrouve dans une impasse, Nicolas Sarkozy quitte définitivement le monde de la politique et ouvre une station de Kärcher dans les Hauts-de-Seine. En 2017, c'est donc finalement Thomas Hollande qui sera élu. Ses premiers mots en tant que Président seront : « C'est drôle, j'ai un peu l'impression d'être arrivé là par hasard. Comme mon père, finalement ».

02h57. Quelque part dans un petit motel de la banlieue parisienne.

Bakkies Botha et Pascal Papé sont allongés côte à côte dans un lit, apparemment nus. Seul un drap préserve leur intimité. Pascal Papé saisit le paquet de cigarettes posé sur la table de nuit et s'allume une clope. Bakkies Botha, les mains posées derrière la tête, s'adresse à lui.


— C'était bon, Pascal ?

— Oué. J'ai bien aimé quand tu m'as parlé en allemand.

— Afrikaans.

— Oué c'est pareil. J'éteins la lumière ou tu veux bouquiner ?

***FIN¨¨¨