Je suis allé voir pour vous.… Maubourguet VS Pouyastruc en Honneur

Je suis allé voir pour vous.… Maubourguet VS Pouyastruc en Honneur
Belle touche lors du match Maubourguet VS Pouyastruc. Crédit photo: Mathieu ''Croco'' Oustrain.
Pendant que tu étais probablement vautré dans ton fauteuil à regarder je ne sais quel feuilleton de Noël, moi je suis allé au stade. Un samedi. Altruiste on peut le dire.

RENDEZ-VOUS AU BOUSCARRET

Nous sommes samedi, premier jour du mois de décembre, j’ouvre la première case de mon calendrier de l’avent. Surprise ! Aujourd’hui je vais aller à Maubourguet. Bon, j’avoue que je n’ai pas de calendrier pour ça mais j’aime bien m’infliger de telles choses pendant mon temps libre. Maubourguet reçoit Pouyastruc, c’est un match d’Honneur. Une division qui accueille des joueurs comme Thierry Lacrampe. Oui, il joue encore au rugby. Ça peut être sympa.

Je monte dans mon automobile et je vais chercher mon accompagnateur d’un jour, Mathieu, a.k.a « Croco ». Je le prends devant chez lui, direction le stade du Bouscarret. Son téléphone sonne, il apprend qu’il va devoir arbitrer le match de l’équipe réserve. Lui qui enflammait le dancefloor quelques heures plus tôt. Je sens en lui une certaine fierté à l’idée de prendre le sifflet. J’aime déjà mon après-midi. Sur la route, nous sommes bloqués par des gilets jaunes qui semblent n’avoir que faire que Mathieu arbitre quelques kilomètres plus loin. Nous arrivons sur place, mon hôte apprend avec stupeur qu’il n’officiera pas aujourd’hui. 

Tant pis. La buvette n’est pas loin !

À l’entrée, on nous soutire déjà 8€. Je ne veux pas la jouer radin, mais je ne suis pas responsable du gouffre financier de la FFR hein ! Nous retrouvons également « Pèir », cette star des réseaux qui se trouve là dans l’anonymat le plus total, lui, l’enfant du SO Maubourguet Rugby. Nous nous plaçons en pesage pour vivre au plus près cette rencontre. Nous assistons d’abord au match de l’équipe réserve, c’est du 12, ça court dans tous les sens et le match se termine sur un score fleuve pour l’USC Pouyastruc après 60 minutes de jeu aux allures de Seven. Les asmathiques, levez bien haut vos ventolines.

Les équipes fanions sont accueillies par une haie d’honneur et quelques beuglements d’encouragement. Au capitanat, un pilier et un talonneur. La NASA est au pouvoir, on devrait assister à du beau rugby. Le soleil se lève, illuminant le pré vert mais aussi l’arbitre de ce match qui lui est venu, et il faut le dire, il est bien apprêté le bonhomme. A gauche, les jaunes et noirs de l’USCP, à droite, les rouges et blancs du SOMR. Enfin, cette histoire de droite et de gauche c’est des conneries. Selon le sens où on est tournés ça change tout. La partie débute avec un joli coup d’envoi du botteur pouyastrucais.

UNE PREMIERE MI-TEMPS DE RUDOYANCE

Je vous passe les premières minutes parce que de toute façon elles étaient quelconques. Je songe déjà à me faire rembourser. Première frayeur pour les noirs après une incursion de l’équipe adverse. Ils parviennent à se dégager, tranquilou bilou, par un joli coup de sandale de leur numéro 15. Première touche du match et l’occasion pour le demi de mêlée casqué de nous montrer son appartenance à la dynastie des 9 « enc*lés ». En effet, ce dernier n’hésite pas à gêner le lanceur en utilisant des mots qui n’ont aucun rapport entre eux. Les visiteurs réussissent à s’emparer du cuir. Habile. Mais perdent le ballon un peu plus loin. Moins habile. Le demi de mêlée des locaux souhaite alors se dégager par un coup de pied dans la boîte qui va faire gagner à ses coéquipiers environ – 2 mètres. Ou 3. Je suis un peu loin de l’action mais c’était un joli skills.

Les deux équipes se rendent envolée sur envolée, on relance de partout, on se rentre dans la courge, le ballon ne sort jamais du terrain. MAIS CALMEZ VOUS, VOUS ALLEZ CLAQUER A LA 20e ! Après ça, les Jaunes et Noirs sont récompensés par une pénalité face aux pagelles pour enfin ouvrir le score, mais le 9 casqué décide d’emballer le jeu devant ses gros un peu à l’agonie. Là, il nous montre son côté fidjien. Prise d’intervalle, feinte de passe, vas-y que j’tembrouille avec mes mains, passe sautée eeeeet … perte de balle. C’était joli mais peut-être un peu con. Le score est toujours de rien à pas du tout, alors que les Rouges et blancs décident de relancer, l’ailier perce en bord de touche et réussi à atteindre la ligne des 50 mètres. C’était avant que l’arrière de l’USCP ne lui assène une magnifique cuillère des familles qu’aurait jalousé Augustin Pichot, entrainant le porteur de balle à s’écraser de tout son long sur le sol. La cuillère est probablement le geste le plus vexant de notre sport. Ça sera une biscotte pour le numéro 15.

Par la suite, les défenses s’endurcissent, le numéro 8 au casque rose des visiteurs ira même de son joli tampon dans les costiches de son adversaire. Beau geste du matador. Les supporters de Pouyastruc qui se trouvent derrière moi demandent les oreilles de la bête. Derrière, ça sera un festival de planches, ça se rentre dedans, jusqu’à ce que les esprits s’échauffent devant mes pieds. On se délecte de ce spectacle. On joue depuis 20 minutes, ça court dans tous les sens, sans vraiment de raison parfois, et toujours pas l’ombre d’un water break. Maubourguet remet la main sur le ballon et revient dans les 22 mètres adverses, ils se montrent dangereux jusqu’à ce qu’un première ligne dégueule le ballon. Il n’y a pas de secret. Ils parviennent tout de même à récupérer la balle et écarter pour le centre qui trouve une brèche, et vient aplatir gaiement dans l’en-but. Sa joie sera de courte durée, le monsieur en vert a dit qu’il y avait écran. Ou passage à vide, je ne connais pas ces foutues règles. Toujours est-il que c’est cruel. Pendant ce temps, le banni revient sur le terrain sans vraiment avoir loupé quelque chose. Au final, il a même régénéré ses points de vie.

On entre dans la demi-heure de jeu, toujours 0-0. Foutez-moi un drop, même dégueulasse, que je puisse voir des points marqués ! On continue à envoyer du jeu. Et là… MAGNIFIQUE COUP DE LA CORDE A LINGE, JOHN CENAAAAA ! Le numéro 7 de l’USCP nous gratifie d’une splendide cravate. Un geste acrobatique qui ne sera que très peu récompensé par un carton jaune. Au moins, mes prières sont entendues et le demi d’ouverture, taillé comme une cigogne, va enfin ouvrir le score. 3-0. En suivant, on garde le même rythme de jeu, les visiteurs peuvent revenir à égalité sur pénalité, malheureusement le Wilko casqué ne concrétise pas. Les défenses sont aussi stériles que des bocaux de pâté. Entrainant les deux équipes à parsemer le terrain de coups de godasses, les puristes apprécient. Maubourguet se montre encore une fois dangereux avec une percée de leur troisième ligne aile, lancé comme un sanglier. Mais cela ne donnera rien une fois encore, puisque derrière on s’enverra des saucisses. Leur salut viendra par un ballon porté, c’est tellement français. Mais la pénalité durement acquise, sera manquée. Il y a une justice.

La domination reste locale, les rouges et blancs obtiennent à nouveau l’occasion de faire gonfler le score. Malheureusement, le numéro 14 montre un peu trop de véhémence envers le numéro 9 casqué (encore lui) et fera retourner la pénalité, permettant aux visiteurs de se dégager. Malin. Les mouches commencent à changer d’âne, alors que l’arbitre siffle la pause, le temps indique 50 minutes. C’est quoi ce bordel ?

Ce match ressemble terriblement à ma vie sentimentale. Beaucoup d’efforts, quelques jolies intentions parfois, mais jamais concrétisées. À part ça, grosse intensité dans ce premier acte, on s’envoie des deux côtés. De quoi se faire de belles ecchymoses aux épaules. Toujours 3 points à rien. On reprend après un entracte de 2 minutes. Surement, parce que la nuit va tomber et que la municipalité n’a pas installé les éclairages sur le bon terrain.

ENCORE UN PEU D'ARDEUR

On repart sur les mêmes bases, le numéro 1 pouyastrucais, souhaitant probablement prolonger son repos, écope d’un carton blanc pour faute technique. Laquelle je ne sais pas, sans doute une reprise de dribble. Mais cette pénalité n’aura aucun effet. Sur le renvoi aux 22 suivant, le numéro 13 maubourguetois va nous gratifier d’une jolie cavale. Mais sera durement stoppé par le talonneur adverse qui éparpillera son corps en osselets.

BARBELEEEEEEE !...

...annonce le numéro 9 local.

Grosse possession de l’USCP dans le camp adverse. Le jeu se resserre, les ailiers commencent à se griller une clope. Mais c’est la défense qui va être récompensée après un grattage. Un début de bagarre éclate, le public s’en prend au même joueur casqué des jaunes et noirs « VOYOUUUUUUU ». Sévère mais mérité pour l’ensemble de son œuvre. Énième mêlée dans les 22 mètres de Maubourguet. Encore une mêlée mais dans l’autre sens. Il reste 30 minutes, ça va être long.

Ce match respire les valeurs. Le soleil disparaît, je commence à me les peler gentiment. Heureusement, sur le terrain on se réchauffe, les locaux prennent un carton jaune. Je vous rappelle que le score n’a toujours pas bougé hein. Les visiteurs vont chercher la touche au lieu de prendre les points. Ok, c’est des 22 mètres en coin, mais ça aurait pu se tenter. La touche est gagnée, derrière on s’organise, le maul avance et vient s’écrouler dans l’en-but. Cela aurait pu être un essai mais ça sera plutôt un en-avant. C’est presque pareil sauf que ça ne marque toujours pas de point. Les arrières peuvent enfiler des moufles, ça ne devrait pas écarter d’ici la fin du match. Je crois même qu’un des ailiers a commencé une partie d’échecs.

Les défenses sont toujours aussi dures, à tel point que le capitaine des visiteurs doit y laisser une épaule et ne pourra probablement pas se torcher demain… Le ballon vient dans les mains des locaux dans les 22 mètres adverses, on progresse, le numéro 10 se positionne dans l’axe pour tenter le drop qui va s’écraser sur le poteau. Les visiteurs remettent la main sur la gonfle et peuvent se dégager. Ah ben non, le numéro 14 va envoyer un parpaing à son botteur, le ballon sort. Mêlée à 5 mètres. Un geste de grande classe mine de rien : envoyer le ballon au-dessus de son coéquipier qui mesure déjà 1m90. Par la suite, Maubourguet presse sur la ligne et obtient une pénalité. Je profite d’une légère pause pour vous dire qu’avec ce qu’ils se mettent dans la tronche, ça va couiner les jours de pluie à cause du rhumatisme. Loin des actions, j’entends quand même les clavicules se briser sur chaque percussion.

6-0 désormais, alors qu’on ne va pas tarder à jouer dans la pénombre. Sortez les frontales. Il reste une dizaine de minutes, à moins que l’arbitre ne décide cette fois de prolonger la partie jusqu’à la 97e. Pouyastruc ne se laisse pas abattre et retourne à l’assaut du camp adverse, glanant même une touche à 5 mètres après un joli coup de pied dans le dos des défenseurs. Ils gagnent le ballon, mais concéderont une pénalité quelque temps de jeu plus tard. Maubourguet peut respirer. Ils s’immiscent même dans la partie adverse et obtiennent une pénalité, le buteur local peut sonner le glas des 40 mètres. Mais sans succès. Pendant ce temps, la partie d’échec de l’ailier suit son cours, il s’approche de la reine grâce à son fou qui mange un cavalier. On est proche de l’échec et mat.

On joue les dernières minutes désormais, avec le même engagement. Aucune équipe ne lâche le morceau de gras, on dirait 2 clébards en pleine période de famine. Le compteur affiche la 39e minute, le numéro 9 tape directement en touche et l’arbitre siffle la fin. Là je n’ai pas suivi le truc. 6-0 score final, je me rends compte que j’ai dépensé plus d’argent que de points marqués.

On a assisté à une partie très intense, les défenses ont été hermétiques, la clé de la rencontre est passée par le pied des buteurs. Les deux équipes ont su montrer leurs grosses valeurs. Par contre, va pas falloir chômer sur la récup’, les articulations devraient grincer.

LA DECLA :

MACRON DEMISSION !

Par les gilets jaunes rencontrés sur le trajet.

LA STAT :

6 points. 6 POINTS EN 80 MINUTES PUTAIN !

LE GESTE :

La chistéra de 20 mètres balancée par le numéro 15 de Pouyastruc. Directement dans les bras. Cesta Punta style.