Guide de survie au pays du rugby : comment s'occuper pendant un trajet en bus ?

Guide de survie au pays du rugby : comment s'occuper pendant un trajet en bus ?
La Boucherie Ovalie nous offre un extrait de son dernier livre en exclu ! Montez dans le bus...

Vous n'avez probablement pas pu passer à côté, en raison d'une campagne de promotion aussi subtile qu'un déblayage de Mamuka Gorgodze : la Boucherie Ovalie vient de sortir son deuxième livre, intitulé Guide de survie au pays du rugby.

Pour ceux qui l'ignorent encore, ce collectif a été créé en 2009 par moi-même, Ovale Masqué, et pour des raisons qui m'échappent, il existe encore 8 ans plus tard. 8 ans au cours duquel nous avons créé des liens étroit avec le Rugbynistère, qui a vu le jour quelques semaines avant nous, et avec qui nous partageons une passion et des valeurs © communes (et aussi pas mal de bières au comptoir du Ministère). Comme je leur ai souvent dit, la Boucherie, c'est un peu le petit cousin attardé du Rugbynistère, celui qui est souvent ivre et qui hurle des conneries un peu trop fort en public. Et malgré ça ils n'ont jamais eu honte de nous. Pire, ils nous ont même souvent ouvert leurs portes. Pour ça, on ne les remerciera jamais assez.

Et après un premier tome sorti en 2015 consacré au rugby professionnel, aux clubs, équipes nationales ou grands joueurs, la Boucherie a décidé de revenir aux fondamentaux, et de parler du rugby, du vrai, celui qui est si souvent mis à l'honneur ici : le rugby amateur. Il paraissait donc naturel d'offrir aux lecteurs du Rugbynistère un petit extrait du bouquin : 4 pages consacré à un moment incontournable, les déplacements en bus. Au menu, quelques conseils indispensables pour vivre un voyage inoubliable. Embarquez avec nous !

 

C’est dimanche matin, il est 7h, vous pénétrez les yeux encore à moitié fermés dans le bus qui vous emmène à l’autre bout de la région. Dans votre poche, un vieil iPod mis à jour pour la dernière fois il y a trois ans et dont la moitié des chansons vous font honte. Très vite va se poser un problème déterminant pour la suite de votre journée : « Mais bordel qu’est-ce que je vais bien pouvoir foutre pendant le trajet ? ». Voici donc quelques idées pour ne pas rendre l’aller-retour de votre voyage aussi long et chiant qu’un match du Racing 92

Le saviez-vous ? Depuis quelques années, les autocars sont obligatoirement équipés de ceintures de sécurité sur tous les sièges. Elles ont permis à de nombreux rugbymen d’ouvrir leur bière en l’absence de décapsuleur. Merci la sécurité routière.

Lire : 

Un livre ? Et puis quoi encore. La seule chose que vous êtes autorisé à lire dans un bus, c’est un magazine de rugby (volé au club-house à une époque tellement lointaine qu’il y a un poster de Yannick Jauzion à l’intérieur) mais que vous ramenez toutes les semaines sans jamais l’ouvrir, comme par superstition. Ou alors le dernier Midi-Olympique. Toutefois il est fortement déconseillé de ramener le journal jaune le plus célèbre du monde du Sud-Ouest car : 

  • Ce n’est pas pratique à lire et à chaque fois que vous tournerez une page, votre voisin se prendra une mandale involontaire.

  • A peine le temps de l’ouvrir et trois personnes vous auront demandé si elles peuvent vous l’emprunter. Or, soyons clair, si vous dites oui, votre journal est condamné à passer de siège en siège et lorsque vous remettrez la main dessus, les rares pages qui n’auront pas été perdues seront dans le désordre le plus total. 

  • Vous prenez le risque qu’un de vos coéquipiers, lisant par-dessus votre épaule, décide d’engager très sérieusement la conversation sur une des actualités rugbystiques du moment (la nullité du sélectionneur de l’équipe de France, la fin des valeurs® ou la dernière déclaration de Mourad Boudjellal). Très vite, d’autres se joindront à la conversation et iront de leur yaka-faukon qui feront passer les avis du PMU du coin pour des interventions hautement philosophiques et pertinentes. Autant vous dire que ni vous, ni l’estime que vous portez à vos camarades de vestiaire ne sortiront indemnes de ces débats.

Jouer aux cartes : 

Activité très plébiscitée par le staff et les joueurs de plus de 35 ans. Elle se déroule autour d’une table de fortune à peu près aussi stable qu’une mêlée du Top 14. Les parties se disputent généralement à quatre et les jeux que l’on retrouve le plus sont : la belote, le tarot, le poker, la bataille corse, le tas de merde (parce que le nom est rigolo) et le kem’s. Une fois sur deux, la partie finira en pugilat et en véritable engueulade parce que l’un des joueurs triche. En général c’est le pilier, mais il parait que c’est normal c’est dans leurs gênes. Comme l’adresse pour les Fidjiens dirait Pierre Villepreux. 


Chanter : 

Pas de complexes à avoir. Omar Hasan ne joue pas dans votre équipe et la prophétie dit que le prochain joueur de rugby à chanter correctement ne débarquera que dans 2 millénaires. Il suffit d’ailleurs d’écouter les internationaux chanter les hymnes pour s’en rendre compte. Chansons paillardes, tubes des années 80, en équipe ou en solo, a capella ou par-dessus la radio, tout est possible. Pour pimenter l’instant, vous pouvez même la jouer façon « The Voice » : le premier qui réussit à faire se retourner le chauffeur, excédé, gagne. 


Boire :

Attention, il est préférable de garder cette activité pour le retour. Surtout que victoire ou défaite, le contexte s’y prêtera dans tous les cas. Si vous vous ennuyez vraiment et que vous voulez attaquer dès le matin, n’oubliez pas : il faut environ 2h pour éliminer une pinte et il est préférable d’être à peu près sobre pour le coup d’envoi. Anticipez donc bien le temps de trajet et maitrisez votre consommation. Si nécessaire, demandez à l’intello de l’équipe de faire les calculs nécessaires pour vous guider et cadencez votre consommation.



Refaire le match : 

Activité particulièrement plébiscitée sur le chemin du retour, chacun raconte les actions marquantes de la partie et explique comment il a empêché un essai ou débloqué une situation grâce à un geste technique de haute volée. Vous noterez d’ailleurs qu’il s’en faut toujours de peu (une passe de merde, une règle stupide ou la présence d’un adversaire sur le terrain) pour que vous assistiez à l’action de la décennie. Par ailleurs, n’hésitez pas à pratiquer cette activité avec le joueur qui a pris un KO et qui ne se souvient de rien. Ça lui permettra de ne pas être venu pour rien. 


Organiser une bagarre : 

Rien de tel qu’une bagarre pour souder ou divertir un groupe. Avant le match pour s’échauffer ou après pour évacuer la frustration et l’adrénaline : comme l’alcool, tous les prétextes sont bons. La seule vraie contrainte de la bagarre est de réussir à déterminer, non pas un motif (chacun trouvera ses raisons), mais des camps pour s’y prêter. Bien souvent, cela tournera à une bagarre entre catégories (pour l’école de rugby), entre les avants et les trois quarts (en général à l’initiative des avants) ou à une bagarre entre l’équipe première et la réserve. Quelques règles tout de même : on frappe toujours paumes de mains ouvertes et on se stoppe quand le demi de mêlée (généralement pas le dernier à s’y filer) a perdu connaissance. On n’est pas des sauvages.  


Bizuter les nouveaux : 

En ce qui concerne les sports collectifs, l’intégration est un facteur déterminant de la performance. Quand des nouveaux rejoignent le groupe, il est donc important de savoir les accueillir. Et qui dit accueil, dit rituel. Chaque équipe a les siens. Ils se transmettent souvent de générations en générations et, aussi cons soient-ils, il est difficile d’y échapper. Les plus gentils consisteront à raconter une blague ou chanter une chanson au micro du bus. Plus « marquant », il peut aussi être question d’un petit combat en un contre un avec le plus costaud de l’équipe dans l’allée du bus. Enfin, le cauchemar des trois quarts : le passage chez le coiffeur. Et par coiffeur, il faut comprendre « le deuxième ligne équipé de la paire de ciseaux qui sert normalement à couper l’elastoplast ».


Faire de la prévention routière : 

Cette activité est longtemps celle qui a demandé le plus de matériel puisqu’elle implique l’utilisation d’un flash d’appareil photo. Miracle de la téléphonie intelligente, elle est aujourd’hui à la portée de tout le monde. Son objectif est double : prévenir les excès de vitesse sur l’autoroute et gâcher la fin de journée du branleur qui a l’outrecuidance de doubler le bus. L’activité se déroule en plusieurs étapes, de préférence la nuit : 


  • D’abord, fermez les rideaux à proximité du lieu de l’exaction. Placez-vous près d’une vitre et attendez qu’une voiture vous double à vive allure. 

  • Au moment où elle arrive à votre niveau, prenez une photo avec le flash en restant discrètement caché derrière votre rideau.

  • Enfin : profitez du spectacle. 

  • Trop occupé à regarder la route, l’automobiliste n’aura pas pu voir l’origine de la lumière et sera persuadé d’avoir été injustement flashé par un des nombreux radars du gouvernement corrompu et soutenu par les merdias et les islamos-gauchistes. Vous pourrez alors (discrètement toujours) le contempler en train de pester, jeter des coups d’oeil furtif vers son compteur de vitesse (« mais putain j’étais à peine à 130 ! ») et, cerise sur le gâteau, vous pourrez peut-être même le voir s’engueuler avec sa femme. Mais rassurez-vous, la simple lumière des feux de stop suffira à faire exulter tout le bus.


Tester les nerfs du chauffeur : 

Le chauffeur est le facteur X du voyage. Le seul individu que vous ne connaissez pas et ne maitrisez pas dans cet espace confiné. Vous pouvez rencontrer plusieurs typologies de chauffeur : le sympa qui jouera le jeu quand vous lui demanderez d’appuyer sur le champignon, le robot qui restera impassible tout le trajet (il se plaindra à sa direction le lendemain et sa compagnie refusera ensuite de vous transporter, ce qui vous vaudra l’ire de votre président à l’entraînement la semaine suivante), ou le dictateur qui engueulera tout le monde avant même le départ du bus et n’hésitera pas à s’arrêter sur la bande d’arrêt d’urgence au moindre débordement. Une bonne occupation pour vous et quelques camarades peut être de « tester » votre chauffeur (surtout à l’aller quand le retour risque d’être mouvementé). Pour établir un diagnostic de personnalité, voici quelques exercices simples pour mesurer sa patience et sa tolérance. 

  • Fumez ostensiblement dans le bus (pas forcément des clopes)

  •  Demandez-lui d’ouvrir la trappe car il fait chaud, puis quelques minutes plus tard demandez-lui de fermer la trappe car il pleut puis demandez-lui à nouveau d’ouvrir la trappe car ça pue, puis de la fermer car il fait froid, etc. 

  • Relayez-vous pour lui demander à intervalle régulier si vous êtes bientôt arrivés. 

  • Faites-lui croire que vous avez oublié le demi de mêlée sur la dernière aire d’autoroute (si possible oubliez-le vraiment c’est encore mieux).

  • Allez lui demander innocemment si c’est normal que certains dossiers de siège soient cassés ou que certains rideaux se décrochent tout seul. 

  • Mettez en doute son itinéraire et ses choix de route quand vous êtes dans des petits patelins perdus au milieu de nul part.

  • Demandez-lui de mettre un DVD. Soit il acceptera sans tarder en pensant que ça calmera tout le monde, soit il prétextera que le lecteur ne marche pas (c’est souvent vrai) et qu’il n’a pas de DVD. Dans ce cas, dites que vous avez justement des films et introduisez le CD offert avec la revue porno que vous avez acheté sur l’aire d’autoroute où vous avez oublié le demi de mêlée un peu plus tôt. 

Montrer son cul : 

Les Valeurs du rugby ®, c’est avant tout les valeurs du partage et de la camaraderie. Et il n’y a pas de raisons pour que seuls les passagers du bus en profitent. La vitre du fond, une rangée de culs et c’est la fête sur l’autoroute !


Vous avez aimé cet extrait ? Plein d'autres surprises vous attendent dans #LeMeilleurGuideDuMonde. Si vous souhaitez vous le procurer, il est disponible aux éditions Marabout pour la somme de 29€90. Vous pouvez le trouver en librairies, à la FNAC ou encore sur Amazon. Chaque exemplaire vendu servira à financer la plus noble des causes : l'alcoolisme de ses auteurs. 


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