Du Gers au Mexique, la belle aventure d'un rugbyman français dans les Caraïbes

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Du Gers au Mexique, la belle aventure d'un rugbyman français dans les Caraïbes
La belle aventure d'un Français au Mexique.
Ah le Mexique, le soleil, la plage… et le rugby ! Partons à la rencontre d'un joueur français exilé au pays des sombreros, qui découvre un nouveau championnat coincé entre l'Atlantique et le Pacifique.

Salut Clément, tout d'abord présente toi ! 

Je m'appelle Clément Laborde, j'ai 23 ans. Je suis originaire du Gers et je suis maintenant au Mexique en volontariat international en entreprise pour Gautier Semences pour qui je suis délégué commercial, ici au Mexique.

Comment as-tu commencé le rugby ?

J'ai commencé le rugby à 12 ans à Fleurance (Gers), en Benjamins. J'y suis venu pour rejoindre des copains de l'école qui m'ont dit que ça pourrait me plaire. J'avoue que je me suis tout de suite adapté aux valeurs du rugby et à ce que demande ce sport : du courage et de la volonté. Pour la technique, par contre, ça a été plus compliqué tout au long de ma carrière. (rires) J'ai donc fait 7-8 ans à Fleurance, puis j'ai arrêté pour jouer en universitaire à Toulouse avec mon école d'ingénieurs et ça me semblait logique en arrivant au Mexique de trouver un club de rugby sur place. J'évolue donc aujourd'hui sous les couleurs des Roosters de Queretaro.

Et niveau rugby, quel joueur es-tu ?

Je joue à l'ouverture ou premier centre ici, mais je suis formé en tant que 9. Mon principal atout, c'est ma vision du jeu et la feinte de passe bien sûr ainsi que le crochet intérieur. Au niveau de la passe je tiens à m'excuser pour tous les numéros 10 avec qui j'ai joué, car elles arrivaient un coup trop haut et un coup trop bas (rires).

Plus sérieusement, je suis plutôt un spécialiste du plaquage, j'aime le contact. C'est d'ailleurs la première chose qui m'a plu quand j'ai commencé le rugby.

Au Mexique tu dois découvrir un autre rugby...

Les valeurs du rugby sont les mêmes tout autour du globe. Ici, il y a une vraie bande de copains chez les Roosters. On prend toujours du plaisir à se retrouver sur le terrain pour les entrainements et les matches, mais aussi en dehors avant et après nos rencontres. Tout le monde met entre parenthèses son boulot et tout ce qui se passe en dehors du rugby pour profiter et se faire plaisir.

Le club de Queretaro est jeune, il n'existe que depuis 2012 et, aujourd'hui, nous sommes 45 joueurs seniors !

Comment s'organise le championnat ?

En première division, dans laquelle nous évoluons, le championnat se divise en deux phases. La première, la phase régionale, nous l'avons remporté cette année avec 12 victoires en 12 matches, 12 bonus offensifs et une différence de +750. Après ça, il y a une phase nationale qui regroupe les meilleures équipes du pays. Il y a deux poules de cinq équipes, et les deux premiers de chaque poule sortent pour jouer les phases finales.

Notre objectif cette année, c'est de sortir des phases finales. Après on verra, mais on veut être champions ! On ne joue jamais pour perdre, on peut jouer pour la troisième mi-temps mais jamais pour la défaite...

À quel niveau français situerais-tu le rugby mexicain ?

En régional, je ne sais pas trop parce qu'on s'est baladé avec à chaque fois de gros scores. Ce n'est pas très intéressant pour connaître notre vrai niveau, mais en début de phase nationale, on a perdu 32-39 contre l'équipe la plus titrée du pays et on a eu droit à un vrai bon match de rugby. C'était rude avec de l'intensité, des plaquages qui marquent et de belles organisations.

Je n'ai jamais joué en seniors en France donc c'est un peu compliqué pour moi de situer le rugby mexicain. Je dirais que c'est un très bon niveau universitaire, peut-être bas de tableau de Fédérale 3 ou même moins. 

En fait, il y a des lacunes dans ce sport au Mexique car il n'est pas très pratiqué : il y a approximativement 10 000 licenciés. Le réservoir de joueurs est faible mais il y a certaines individualités qui sortent du lot, et on a la chance d'en avoir dans notre équipe dont certains sont même internationaux mexicains. Après, sur chaque poste, le réservoir n'est pas suffisant.

C'est donc un rugby complètement amateur !

Ah oui ! C'est même nous qui payons pour jouer ! On paie notre licence en début d'année puis chaque mois nous finançons les déplacements et même nos entrainements.

À ce moment-là, Franco Guerrero, un centre argentin, mais international mexicain, nous rejoint pour parler de la vision sud-américaine du rugby français...

Salut Franco, quel est ton point de vue sur le rugby français ? 

Je pense qu'en France, c'est un sport beaucoup porté sur le contact et non l'évitement. Les Français aiment le contact mais ils pratiquent un bon rugby. La France est un pays avec une tradition rugbystique. Ils ont pris un virage avec le professionnalisme en payant les joueurs, mais je le répète c'est un bon rugby et nous avons beaucoup de respect pour le rugby français ici. Il y a quand même une rivalité entre mon pays, et le rugby français, et je crois que malgré le fait que ce soit un très bon rugby, ils ont du retard sur l'Argentine.

À la Coupe du monde c'est sûr que l'Argentine et l'Angleterre vont sortir de la poule et pas la France (rires).

Et en dehors du XV de France, as-tu un œil sur le Top 14 ? 

C'est un championnat que j'aime, mais il y a beaucoup d'argent. Ça rend le championnat intéressant avec des stars mondiales qui apportent un bon niveau.

Je regarde le Super Rugby en priorité mais aussi le Top 14, le Racing avec Imhoff, le Toulon de Facundo Isa et Nico Sanchez. Mais aujourd'hui il est parti au Stade Français...