6 Nations : quels sont les points à retenir avant France - Ecosse ?

6 Nations : quels sont les points à retenir avant France - Ecosse ?
6 Nations : quels sont les points à retenir avant France - Ecosse ?
Deux semaines se sont écoulées depuis la déroute à Twickenham. Deux semaines mouvementées pour les Bleus, qui reçoivent une Ecosse décimée ce samedi.

Mouvementées, c'est peu dire. Voici un déjà un petit résumé, si tu vivais en ermite cette dernière quinzaine.

Jacques Brunel est maintenu dans ses fonctions par le président de la Fédération mais niveau popularité, c’est pas dingue. Ledit président Bernard Laporte et son compère Serge Simon veillent au grain quant à l’exposition face aux médias de leurs joueurs. La Fédération, c’est eux ! Des joueurs fidèles envers leur capitaine Guilhem Guirado parce qu’il est Catalan et qu’il pourrait très bien leur casser la gueule. Des supporters qui s’indignent des compositions mijotées par le staff tricolore. Pourquoi un mardi ? Ça n*** ma morning routine. Il y a bien aussi une histoire de selles (pas de cheval) avec Moscato mais ça n’aurait rien à voir avec notre sujet.

Bref, le ciel de Marcoussis est bien gris ces temps-ci et ce n’est pas avec les bâches disposées autour du Centre d’entrainement que les Bleus vont voir la lumière. Cependant c’est bien les Ecossais qui se pointent chez nous ce week-end. Malgré les multiples absences dans leurs rangs - même Strauss a essayé de s'échapper en perdant son passeport - ils viendront avec l’ambition de nous taper à la maison, comme la majeure partie des équipes en ce moment tout compte fait. Ce n’est pas moi qui le dit, c’est Arthur Iturria.

Que faut-il retenir avant ce match qui a des allures d'épée de damoclès ?

Nouvelle charnière, saison 20 épisode 4.

Cela pourrait être le titre d’une série Netflix, mais c’est bien le constat actuel. Quatre sélectionneurs plus tard, aucun joueur ne s’est réellement imposé à la mêlée depuis Dimitri Yachvili, ni à l’ouverture depuis… C’était qui le dernier ? Merceron ?

Vous l’aurez compris, Parra/Lopez c’est out. Sportivement d’après leur sélectionneur qui juge leur faible rendement. « Même si Morgan et Camille m’ont littéralement craché dessus, je ne suis pas rancunier. Je préfère leur laisser du temps libre pour bosser pendant les matchs puisqu’ils n’ont pas le temps pendant la semaine. Ils ne viendront plus chialer au micro de Cécile Grès comme ça, » aurait-il soufflé en coulisses avec un soupçon d’amertume quand même. Les supporters clermontois revendiquent déjà le retour de leurs prodiges en club pour panser leurs cœurs meurtris.

Dupont/N’tamack par contre, c’est in. Le duo juvénile aura les clefs pour conduire un camion qui a déjà fait quelques tonneaux avant. Les réseaux sociaux ne pourront donc pas rager de l’absence du demi de mêlée sur la feuille de match, c’est dommage. Il faut dire qu’en 30 minutes en Angleterre il a réalisé plus de percées que toute la ligne de trois quarts réunie. Par contre, la dernière fois que Romain Ntamack a porté le maillot floqué du 10, Geoffrey Palis était encore en équipe de France. Pas une éternité mais on s’en rapproche. Mais ça tombe bien, il était associé au même joueur avec le Stade Toulousain, ils ont leurs marques…

7e charnière pour Jack, après Machenaud/Jalibert, Machenaud /Beauxis, Machenaud /Trinh-Duc, Parra/Belleau (ça sonne bien), Serin (puis Dupont) /Lopez et Parra/Lopez donc au début du tournoi. Sans jouer les mauvaises langues, quelqu’un doit jouer au Loto quelque part et gueuler « QUIIIIIIINE » en hurlant que Beauxis n’est pas sorti au tirage alors qu’il a bien joué et fait gagner la France contre les méchants anglais. Un énième changement au goût de France 2023 ?

Thomas Ramos qui s’élance pour le but

Encore un jeune aligné dans ce XV de départ. Thomas Ramos, 23 ans, arrière toulousain encore un, débutera face aux Scottish ce week-end. Pourquoi ? C’est peut-être con, mais parce qu’il bute déjà. On aurait pu y mettre Médard ou Huget en 15, mais on aurait refilé le pied à Ntamack qui en plus de ne pas jouer 10 en club, n’y bute pas souvent non plus. Et en plus Ramos, il fait ça bien. Autre corde à son arc, il aime bien porter le ballon, et bien que ça puisse nous donner des sueurs froides en le voyant relancer comme un dératé depuis son en but, si ça passe on va tous gueuler que c’est le meilleur 15 du monde.

Vous connaissez Scott Spedding ? Passez-lui le bonjour à l’occasion.

Le lideurchipe

Leadership. Mot anglais signifiant une fonction dominante. Autrement dit cékiki le capitaine coach ? Bah toujours Guilhem Guirado d’après le vote. Oui parce qu’ils auraient voté pour lui comme pour élire un délégué. Malgré cette étiquette de gros loser qu’on a tendance à lui coller. Il ne faut pas oublier que sans ça, il fait partie de la trempe des « vaillantasses » comme on dit. Même William « La buche » Servat est venu à son soutien ces derniers jours. Derrière lui, l’encadrement a voulu détacher plusieurs bras droits pour seconder le chef de la bande. Des mecs capables de prendre la parole pour relever les têtes basses après une interception. PAR EXEMPLE.

Le staff en a choisi 8 de bras droits. Comme si ce n’était pas assez le merdier. Et les élus au conseil municipal sont: Louis Picamoles, Mathieu Bastareaud, Morgan Parra, Yoann Huget, Jefferson Poirot Gaël Fickou, Romain Ntamack et Félix Lambey. Sébastien Vahaamahina lui, n’est pas au courant de ce changement.

L’esprit d’équipe

« Rien n’est plus beau, que l’esprit d’équipe ». Voici les mots que prononçait déjà Jonny Wilkinson, avec une pointe d’accent briton histoire de réchauffer le cœur des ménagers et ménagères. Après une déculottée et un week-end d’absence, les joueurs « se sont resserrés autour de leur capitaine » disait le sélectionneur en conférence de presse en soutenant que non, il n’y a pas eu de votes. C’est ce qu’on appelle solidifier la cohésion d’équipe. Alors qu’ont-ils fait ? Yoga ? Méditation ? Petite balade au bord du lac ? Peu de chances. Chez un rugbyman, on appelle travailler la cohésion d’équipe lorsque qu’on resserre les liens autour d’un ou plusieurs breuvages en participant à des jeux d’intellectuels tel casser des glaçons. Ou lancer des nains si on s’appelle Mike Tindall. Se redonner confiance, une clé du match ?

La continuité

Le nom utilisé n’est pas approprié puisque la continuité n’est pas ce qui caractérise le XV de France depuis ces dernières années. Il faut voir la composition de l’équipe de France il y a un an avant le scandale d’Edimbourg. Poirot, Guirado, Iturria, Vahaa, Lauret sont les seuls toujours titulaires. Camara et Doumayrou seront en tribunes, ok. Mais Slimani, Tauleigne, Machenaud, Beauxis, Vakatawa, Lamerat, Thomas et Palis ne sont plus là. Blessés, oubliés, ignorés ou perdus de vue, la composition change du tout au tout. 50% d’admission, c’est du pile ou face à ce niveau-là. On aimerait croire en un renouveau à quelques mois de la Coupe du Monde, on voudrait croire à un plan de jeu défini et connu de tous pour que chaque joueur aille dans le même sens. Pour ça, la véritable clé pour gagner ce match, c’est de croire qu’on peut gagner ce match.

Autrement dit, si les Bleus renouent avec la victoire samedi, on pourra potentiellement espérer, on ne sait jamais, qu’il y aurait une infime chance d’envisager des jours, un tantinet, meilleurs. Il faut avouer que le marasme ambiant n’est pas vivable actuellement. Allez les petits comme disait l'autre.