Comment et pourquoi la défense dans le rugby a-t-elle évoluée ?

Comment et pourquoi la défense dans le rugby a-t-elle évoluée ?
Stéfan Tisseyre a constaté de lui-même l'évolution de la défense dans le rugby avec l'UBB et Le Siège Renault.
Le Siège Renault revient sur l'évolution de la défense dans le rugby. Mais comment a-t-elle évoluée ?

C’est un euphémisme : dans le rugby moderne, la défense a pris le pas sur l’attaque. Et pour gagner un match, il faut d’abord avoir une bonne conquête et mettre les barbelés… Mais ça n’a pas toujours été le cas ! Champion du monde 2003 avec l’Angleterre et entraîneur de la défense de l’Union Bordeaux-Bègles, Joe Worsley explique, via Le Siège Renault :

Avant, la défense laissait vraiment l’attaque jouer. Elle était moins serrée, plus agressive. Maintenant, on met beaucoup plus de pression sur l’attaquant, ça monte plus vite. Avant, il y avait beaucoup de plaquages à un seul mec, et maintenant, on a le plaquage à deux.

Mais alors, qu’est-ce qui a changé ? Et surtout, pourquoi de tels changements ?

Défense : que faut-il faire… et ne surtout pas faire ?

Les gestes interdits

Le plaquage cathédrale : Un joli nom pour un geste encore plus dangereux. Interdit seulement depuis 2006avec des sanctions renforcées en 2010, il consiste à retourner un adversaire dont les jambes se retrouveraient au-dessus de la ligne des épaules. Attention aux cervicales : stopper les accidents est d'ailleurs la priorité des instances qui redoutent les procès comme à XIII et les actions comme celle subie par Brian O'Driscoll en 2005, qui avait beaucoup fait réagir.

Point Arbitrage :

Pour être précis, la cathédrale est tout plaquage réalisé entre le bassin et les épaules et qui fait basculer les jambes au-dessus de la ligne horizontale doit être analysé avec précision.

Lors du plaquage, les jambes se retrouvent au-dessus des hanches. La couleur du carton dépendra de la partie qui touche le sol en premier : Tête, cou et épaules, c’est le carton rouge (sans juger l’action des bras du joueur qui subit la faute afin d’amortir sa chute). Autres parties du corps : c’est le carton jaune.

La cravate : Sous le col d’une chemise, ça fait classe, surtout la première fois que vous rencontrez les beaux-parents. Mais au rugby, c’est interdit ! Une cravate - ou manchette, pour les intimes - est un coup porté à la gorge de l’adversaire pour freiner sa progression. Bref, un acte dangereux, dont il ne vaut mieux pas faire la collection...

Point Arbitrage :

Au Ministère du rugby, la cravate est obligatoire. Quand on y rentre, elle doit être nouée avec un noeud “Prat(t)” puis elle finit généralement sur la tête en fin de séance. Sur le terrain, on va différencier la force et la vitesse du joueur qui va s’occuper de faire le noeud à son adversaire

Le plaquage haut : plaquer, d’accord. Mais où ? Et comment ? World Rugby fait la chasse aux plaquages hauts pour favoriser la sécurité des joueurs.

Point Arbitrage :

La ligne des épaules est aujourd’hui la limite pour un plaquage. Jusqu’à quand ? World Rugby teste dans plusieurs fédération (dont la 2e division anglaise) l’abaissement de la ligne de plaquage pour éviter notamment des chocs tête-tête qui provoque de nombreuses commotions. Tous les plaquages avec contact au niveau de cou-tête sont aujourd’hui sanctionnés plus durement s’il y a de la force et de la vitesse. Les arbitres sont également sensibles aux circonstances atténuantes comme un porteur du ballon qui se baisse.

La cuillère : Attention, ce geste n’est interdit que chez les amateurs. Il n’est donc pas rare de voir les pros l’utiliser, comme Jérome Fillol en 2005 lors d’une demi-finale mythique face au Stade Toulousain. C’est quoi au juste ? Rien à voir avec la fourchette : une cuillère consiste à accrocher le pied d’un adversaire pour le faire trébucher. Un geste de filou.

Point Arbitrage :

La FFR (et la GMF) considère qu’il y a un taux de blessure important pour des joueurs non préparés physiquement. On parle de luxation de l’épaule après une belle gamelle surprise pour le joueur victime de la cuillère.

Protection du cou et de la tête

Depuis 2017, on assiste à un renforcement des mesures de la protection de la tête et du cou. Tout contact avec la tête est sanctionné, contrairement à avant. Ce sont les procès dans le football américain, et ceux à venir dans le rugby, ainsi que les mises en garde des médecins contre les commotions qui ont déclenché toutes ces mesures.

Que dit la règle sur…

Le plaquage : c’est l’essence même de ce jeu ! Pour qu’il y ait plaquage, le porteur du ballon doit être tenu et mis au sol par un adversaire ou plus. Mais ce n’est pas aussi simple… Heureusement, Dédé Puildébut est là pour nous expliquer, son exemplaire de ‘Rugby pour les Nuls’ sous le bras.

Point Arbitrage :

La définition du plaquage se résume à un joueur porteur du ballon tenu et mis au sol par un ou plusieurs adversaires. Cette phrase est importante pour bien analyser les situation de “plaquage accompli” ou non. Si le joueur est mis au sol sans être tenu (plaquage non accompli), il peut alors se relever et continuer à porter le ballon. Si le plaquage est bien accompli, le plaqué doit obligatoirement lâcher le ballon.

Le plaquage à deux : Joe Worsley l’explique très bien, c’est l’une des nouvelles armes des défenses dans le rugby moderne. Il n’est donc plus rare de voir un défenseur prendre un adversaire en haut quand son coéquipier s’occupe du bas. La raison est simple : on fait tomber… et un bloque un éventuel passage de bras, ou une passe après-contact.

Point Arbitrage :

On en voit souvent car l’assistant plaqueur (joueur qui contribue à mettre le plaqué au sol en restant debout) empêche de passer le ballon dans la chute puis est aux premières loges pour le contest. Rappelons toutefois qu’il doit se placer dans son camp et donner la possibilité au plaqué de libérer son ballon avant de contester.

Le plaquage par derrière : Si un joueur se prend un tchik-tchak, mais a assez de gaz pour revenir et se rattraper en le plaquant par derrière. Quitte à risquer un coup de crampon dans la figure !

Point Arbitrage :

Autorisé… mais certains entraîneurs du haut niveau demandent à leurs joueurs de ne pas faire de plaquage en poursuite à l’entraînement. Il faut éviter ce qu’il est arrivé à Baptiste Couilloud la semaine dernière (ou Goosen ce WE) avec la cheville du joueur plaqué qui a tendance à passer sous le fessier du plaqueur… et ainsi rester sur la pelouse.

ance musclée à l'UBB

Stéfan Tisseyre, ancien espoir du rugby français, était invité par le Siège Renault dans les installations de l’UBB pour s’entraîner avec les pros et découvrir comment le jeu a évolué.

Avec Le Siège Renault