Rugby Amateur - L'AS Monaco en pleine résurrection : ''on était les nomades du rugby dans la région''

Rugby Amateur - L'AS Monaco en pleine résurrection : ''on était les nomades du rugby dans la région''
Le XV monégasque à « domicile » sur le complexe de Blausasc, contraint de partager le terrain avec le club de football. (Photo AS Gimenez)
Sortie de son sommeil il y a 8 ans, l’AS Monaco rugby est désormais en passe de monter en Fédérale 3 et d’occuper enfin son propre stade.

Le chemin fut long pour l’ASM rugby mais le club touche enfin à son but : obtenir enfin son stade à lui, rien qu’à lui. Partis de 4ème série, les Monégasques sont aujourd’hui 2èmes du championnat Honneur. Une position synonyme de montée en Fédérale 3 à la fin de la saison.

Un parcours atypique

Cette position privilégiée était pourtant inespérée il y a huit ans, lorsqu’une bande de copains décide de reprendre l’ASMR, alors en sommeil. Le projet est conséquent dans une Principauté où le rugby n’est pas vraiment le sport de prédilection. Seule la Princesse Charlène, originaire d’Afrique du Sud, semble militer pour faire de Monaco une terre de rugby. L’an dernier, la compagne du Prince Albert avait notamment parrainé la cérémonie des World Rugby Awards sur le Rocher accueillant ainsi les meilleurs joueurs de la planète.

À l’initiative du projet de restructuration de la section en 2009, Thomas Riquet est un ancien rugbyman professionnel. Il a pu côtoyer le Top 14 durant les grandes années du Racing Club de Narbonne Méditerranée. Installé depuis une dizaine d’années sur la Côte d’Azur, où il exerce sa profession de médecin urgentiste, il effectue son deuxième mandat en tant que président de l’association. Plein d’humilité, il se remémore la situation au départ. « Nous étions une bonne bande de potes, passionnés, jeunes, plein d’ambition, prêts à tout pour redonner de l’éclat à ce club, mais nous manquions cruellement de moyens surtout en matière d’infrastructures » se souvient l’homme de 37 ans.

VIDEO. Rugby amateur #31 : l'essai de haute voltige refusé à l'AS Monaco après un gros fail acrobatiqueMonaco, par ses subventions, finance activement l’association. Mais n’ayant aucun complexe mis à sa disposition, l’ASM rugby doit alors rapidement se tourner vers les communes limitrophes. Son président se souvient avoir beaucoup voyagé vers les villages voisins pour ne serait-ce que trouver un terrain sur lequel s’entrainer : « On était les nomades du rugby dans la région. Le seul créneau qu’on a pu trouver c’était le samedi matin au stade des Moneghetti à Beausoleil. » Devant la difficulté d’accueillir ses adversaires à de telles horaires, il confie avoir dû trouver d’autres solutions. « On a ensuite basculé sur Blausasc, une commune de l’arrière-pays niçois mais là aussi, c’était une vraie galère pour motiver les joueurs à se déplacer. » Le Narbonnais et les siens finissent alors par trouver un compromis grâce au développement d’un partenariat avec le Rugby Club Webb Ellis de Menton. En grande difficulté d’effectif, les dirigeants mentonnais proposent aux Monégasques de venir renforcer leurs rangs en échange de l’utilisation de leur stade pour disputer les matchs. Aujourd’hui, l’ASM rugby joue toujours ses rencontres officielles sur le stade du Val d’Arnaud, à Menton, mais ne compte pas y prendre ses quartiers sur le long terme.

Un projet d’expansion vers la commune de Beausoleil

Depuis plusieurs mois, la section rugby de Monaco affiche son ambition de posséder son terrain attitré. Pour Thomas Riquet, c’est évident : la montée en Fédérale 3 n’est pas possible sans ce terrain. « Au vu de nos résultats, nous sommes obligés d’anticiper la suite. Avoir notre propre stade nous permettrait d’accueillir davantage de spectateurs et donc de développer l’intérêt porté au club », affirme celui qui effectue encore quelques apparitions sur le pré le dimanche. Pour s’aligner sur les projets d’expansion de l’ASM rugby, le Gouvernement Princier est entré en contact avec la mairie de Beausoleil. Des discussions en interne dont le Rugbynistère a pu obtenir quelques ébauches :

Eric Resca, chargé des installations sportives à Beausoleil.

Nous avons signé une convention d’occupation avec Monaco. Il s’agit de la location d’un terrain sur notre complexe du Devens avec un permis de construire que nous venons d’ailleurs d’afficher. Tout ce que je sais, c’est qu’il s’agirait d’un terrain synthétique

Le projet semble donc en bonne voie pour l’ASMR qui continue de grandir sur la Principauté à l’ombre du football roi. Parti de 35 licenciés, le club en compte aujourd’hui 326. Fer de lance de son ascension, son école de rugby qui forme chaque année de nouveaux jeunes, les mêmes qui lui permettront plus tard de nourrir un peu plus ses nouvelles ambitions.

Jouer sous les couleurs de l’AS Monaco a aussi ses privilèges : la photo d’équipe se fait devant le Grand Casino et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça change des clichés pris entre deux perches rouillées. (Crédit : Facebook AS Monaco rugby)