Le dimanche décodé : la torture du réveil musculaire

Le dimanche décodé : la torture du réveil musculaire
L'objet de torture après une séance vidéo : le réveil musculaire.
Le dimanche, c'est rugby. Pour d'autres, c'est repos. Et encore pour d'autres, c'est les deux. Mais la journée du dimanche commence souvent par un réveil musculaire. Décryptage de ce moment fort en faiblesse..

Dans un dimanche de rugby classique en amateur, il y a des moments forts et transversaux à chaque club. Un de ces moments, détesté de tous joueurs sain d'esprit et normalement constitué, est le réveil musculaire du dimanche matin. Mais avant le réveil, il y a surtout le réveil tout court, et se lever un dimanche matin est un supplice, sauf si tu regardes encore des dessins animés à 21 ans. Description de la faune et la flore des chanceux ayant vécu ces moments. 

Le chasseur

Il se lève à 5h du matin en période de chasse, 5h12 hors-saison. Vous l'avez compris : sa passion, c'est la chasse. Et pour ceux qui ont des clichés sur les rugbymen, sachez qu'ici ce n'est pas un stéréotype, mais un profil de joueur type. Le chasseur arrive au réveil avec déjà 8 kilomètres dans les pattes, 7 cartouches tirées, une tenue "camo" et 13 cafés. Il ne parle pas dans le vestiaire le matin, et si la chasse a été bonne, il peut esquisser un sourire qui mériterait une plainte dans d'autres conditions. Le seul moyen de le faire parler reste le "alors, ça a donné quoi ce matin ?" Question magique façon juke-box, assieds-toi et vit sa session chasse en réalité augmentée : bruits, sensations, touchées, et si tu as de la chance, odeurs. À 9h45, il est déjà sur le pré, crampons 18 vissés sous les pieds même en été et il continuera de courir plus que toi qui as dormi 13h.

Le râleur

Le râleur, comme son nom l'indique, râle. Le matin, il est soupe au lait, et le soir plus bipolaire. Il râle de l'horaire du réveil et du réveil tout court d'ailleurs. Pour lui, tout ce qui se fera pendant la matinée sera nul. Et si par malheur il fait un mauvais match, il déclarera : "je l'avais dit, le réveil ça m'enlève tout mon flux nerveux !" Ah la légende du flux nerveux et les choses à ne pas faire avant un match...

Le chouchou

Le chouchou, il décide ! S'il n'est pas là au réveil, il n'a pas besoin de donner une excuse ou autre. Généralement, il n'arrivera qu'au repas du midi ou pour le match de la B en voiture. Et la première question du matin que tout le monde se pose, après le menu de midi et qui a gagné The Voice, c'est la présence ou non du chouchou. Si les étoiles sont alignées, il sera présent, mais toujours sans trop forcer... 

Les signes qui prouvent que... tu es le chouchou de ton club

Le fêtard

Match le dimanche, après un calcul savant, il ne reste qu'un soir pour sortir. Le fêtard lui, sort donc le samedi soir, veille de match ! Toute la soirée il répétera : "Oh p***** ! J'ai match demain..." Avant de calculer son nombre d'heures de sommeil jusqu'à l'heure fatidique du réveil. Il peut même aller jusqu'à planifier ses siestes jusqu'au match. Il finira par se rassurer tout seul, comme un grand. Soit par le fait qu'il est remplaçant (ce qui ne le fera pas dormir plus), soit parce qu'il estime qu'il est meilleur avec une petite bringue dans les jambes (il a proclamé ça tout seul), soit parce que ce n'est pas un "match important" (il se permet de juger la poule). Au réveil, il regrettera, bien sûr. Les yeux vitreux, il ne fait que répéter aux entraîneurs qu'il a mal dormi cette nuit et qu'il est rentré à 23h45 la veille. À d'autres ! Sache que les stories Instagram sont l'ennemi des soirées. Un peu comme l'eau et les Gremlins.

Le dirigeant

Ils sont 5 à te concocter un petit repas pour le midi : le poulet/pâtes intemporel. Deux en cuisine et deux à mettre la table. Et le 5e ? Il restera en bord de terrain durant tout le réveil musculaire à engueuler chaque joueur tout en faisant des comparaisons sur le rugby de son époque. Mais on l'aime quand même le Christian.

Le mec © valeurs

Il est toujours de bonne humeur, même un peu trop, et on sait que ça cache quelque chose de louche. En général, la seule voix que tu acceptes d'entendre le dimanche matin, c'est celle de Christian Jeanpierre qui te rend un Guingamp-TFC aussi haletant que la dernière bande-annonce des Avengers. Le mec ©valeurs arrive 1h avant tout le monde au stade, pour dire bonjour aux dirigeants et préparer le repas de la 3e mi-temps. À 9h45, il est sur le pré à discuter des matchs de la veille avec le chasseur qui ne comprend rien à tout ces noms étrangers : il n'a aucun abonnement télé, il faut dire. Tu peux arriver avec la trace de l'oreiller, il te fera tout de même la bise alors que tu lui tends la main. C'est ton Sylvain Muller de Caméra Café. Rien de plus énervant.

Le clown

Le clown est là pour distraire et détendre l'atmosphère. Généralement, il a un ou deux joueurs fétiches à attaquer sur le terrain le matin. Le réveil est déjà pénible, mais ses blagues le sont encore plus. D'ailleurs, personne ne sait ce qu'il fait dans la vie et sur un terrain de rugby. À chaque mise en place le matin, il fera une blague si quelqu'un râte un ballon. Un troll, mais sur un terrain.

T'as compris ?

Celui-là, c'est le joueur qui te répond toujours "oui" quand tu lui demandes s'il a compris la combinaison que l'équipe répète depuis 2 ans et 7 mois. L'attaque se lance, il fait froid, tu as faim et tu veux vite aller vers la cheminée, mais ce joueur en a décidé autrement. Il trouvera une excuse invraisemblable à sa non-participation au lancement de jeu, cette excuse qui commence généralement par "mais je croyais que..." Non, tu ne crois pas, tu fais maintenant. Et quand l'entraîneur demande de faire ce lancement à 100%, toute l'équipe vient s'assurer un par un qu'il a bien compris. Hors de question de sprinter à vide. En règle générale, ce joueur, c'est toujours l'ailier. La loi des séries ! 

Celui qui a un problème de fuseau horaire

10h du matin ce dimanche, cette fois, il arrivera à l'heure ! Et... non. Malgré ses efforts, il surestime encore le temps et les Suisses en arrivant à 10h05 : 5€ d'amende. D'ailleurs, il a donné 50€ en début de saison en "prévision retard", mais en octobre il doit déjà encore payer. Il arrivera au loin, déchaussé, jogging et chemise, mais sa touche typique reste le sac. Pas le temps de faire le sac, alors soit il sort le sac de vendredi du coffre (en essayant de trouver quelqu'un qui l'accepte à côté dans les vestiaires), soit il prend une poche de course en glissant dedans toutes ses affaires qui rentre dans le lexique rugbystique. Chez lui, il a 10 paires de chaussettes et 7 shorts à force d'en demander le dimanche matin au club à ses coéquipiers au réveil musculaire.

L'entraîneur de la B

Il est tout seul, pas dans la vie, sur le terrain. Et malheureusement pour lui, le peu de monde présent fera une passe à 10 en guise de répétition du match de l'après-midi.