RUGBY AMATEUR - Fédérale 1 : Jacques Begu, une carrière stoppée en plein élan

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RUGBY AMATEUR - Fédérale 1 : Jacques Begu, une carrière stoppée en plein élan
Si le rugby semble terminé pour Jacques Begu, il espère pouvoir rapidement reprendre le sport, et retrouver son métier de prof d'EPS. Crédit photo : Cinquante Pictures

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Depuis une blessure lors d'un tournoi de rugby à 7 en mai 2016, Jacques Begu, 27 ans, n'a plus chaussé les crampons, et reste pessimiste quant à ses chances de pouvoir rejouer au rugby. Le dacquois raconte.

Depuis plusieurs années maintenant, des débats sont alimentés sur la dangerosité du rugby actuel, qui penche pour certains plus vers un « jeu de massacre » qu'un « jeu de mouvement ». Quoi qu'il en soit, le rugby a toujours été, depuis sa création, un sport de contact, d'affrontement et donc « à risques ».

Jacques Begu fait partie de ces joueurs qui aiment le rugby de mouvement, d'attaque avec le ballon. Fils de l'ancien ailier international (3 sélections entre 1982 et 1984) qui porte le même prénom, le jeune Jacques fait sa formation de demi de mêlée à l'US Dax jusqu'aux Espoirs, puis part une saison à Langon (2014-2015) en Fédérale 1, où il s'affirme au poste d'arrière. Muté en tant que professeur d'EPS en région parisienne, il rejoint alors l'année suivante le club de Bobigny.

Crédit photo : Cinquante Pictures

Au terme de sa première saison avec Bobigny (6ème de la poule 1 de Fédérale 1, sept matchs joués), Jacques Begu part en mai 2016 avec les Free Sevens disputer le Tournoi International de rugby à 7 de Tours, le Howard Hinton Sevens. Mais tout ne se passera pas comme prévu : « lors du premier match contre la Géorgie, un Géorgien me tombe sur le genou droit sur le côté externe. En fait, il me plonge dans les jambes, je sais pas trop pourquoi, et comme j'avais déjà fait un croisé, la ligamentoplastie a pété. Du coup j'ai fait de la rééducation, j'ai vu un chirurgien, ensuite je me suis un peu pressé, je voulais reprendre assez vite. Du coup, je voulais me faire opérer le plus tôt possible. Je me fais opérer le 5 juin pour essayer de revenir le plus tôt possible, » raconte le Dacquois d'origine.

Cette blessure sera en fait le point de départ d'un long calvaire, qui va l'éloigner des terrains. Il poursuit :

Je pars au CERS à Capbreton : au bout de deux jours, j'avais de grosses douleurs, je ne pouvais pratiquement plus rien faire, je n'arrivais plus à dormir. Ils m'ont fait une prise de sang, ils ont vu que j'avais une infection, un staphylocoque. Du coup, je suis reparti en urgence à Toulouse voir mon chirurgien qui m'a réopéré, il a fait ce qu'ils appellent un lavage : ils ont nettoyé le staphylo, ont fait des prélèvements pour pouvoir le traiter. J'ai fait des antibio pendant un mois, donc j'étais à l'hopital alité, à ne pas pouvoir bouger. Comme ça ne marchait pas bien, ils m'ont fait un deuxième lavage, et trois semaines derrière, c'est passé. J'ai fait deux mois alité sans pouvoir bouger le genou, et le staphylo a été traité, ça a été réglé.

Malheureusement, les problèmes ne s'arrêterent pas là pour Jacques Begu. L'ancien arrière langonnais se remémore : « j'étais affaibli, j'avais perdu 20 kilos, j'étais resté au lit, pas bien quoi. Après, j'ai repris la kiné, ça allait un peu mieux, mais j'avais le genou qui était bloqué. Comme il était resté immobile longtemps, en gros j'arrivais à plier à 60, 70 degrés, et je n'avais pas d'extension complète. Je suis retourné voir mon chirurgien, qui m'a dit de réopérer pour forcer la flexion, pour péter les adhérences et récupérer la flexion et l'extension que j'avais perdues. Il a essayé de me plier le genou mais il n'a pu que jusqu'à 90 degrés. Au réveil, il m'a dit qu'il ne me la plierait pas plus sinon il allait me péter la jambe. On a fait des examens, une scintigraphie, et ils ont vu que j'avais une algoneurodystrophie. C'est comme si j'avais de la colle dans le genou, l'articulation est raide, bloquée. J'ai fait de la rééducation mais il m'a dit qu'en général, ça met deux à trois ans à passer, et qu'on ne pouvait rien faire dessus. Il n'y avait rien d'autre à faire qu'attendre, il ne fallait surtout pas réopérer sinon ça allait amplifier le problème ».

Crédit photo : Cinquante Pictures

On est alors en octobre 2016, et depuis cette période, Jacques Begu fait des scintigraphies tous les six mois pour voir s'il y a toujours l'algoneurodystrophie. Il a gagné un petit peu en flexion, pouvant plier à peu près à 80 degrés, mais pas à 90 degrés. Pour imager, il ne peut pas se mettre à genoux, impossible pour lui de forcer dessus. Il a aussi pas mal gagné en extension, mais il manque encore deux ou trois degrés. Jusqu'à présent, la pratique d'une activité sportive n'est donc pas réalisable.

Rejouera-t-il au rugby ?

Quand on lui demande s'il garde l'espoir de rejouer un jour au rugby, deux ans après sa blessure au tournoi de rugby à 7 à Tours, le Dacquois de 27 ans répond : « d'après ce qu'on m'a dit, cela paraît compliqué. J'ai espoir de reprendre le sport, si vraiment par miracle, j'ai un coup de chance et j'arrive à récupérer une mobilité « correcte » au niveau de ma flexion. Si j'arrive à 110, 120 degrés, au moins faire du vélo et de la course à pied, ça, j'ai toujours un peu d'espoir. Après, pour le rugby, on m'a fait comprendre que ça allait être très compliqué, j'y crois pas trop non. Je ne me suis pas donné de limites, mais je reste quand même lucide. Malgré tout, sur les scintigraphies que je passe tous les six mois, ils ont vu que la colle qu'il y a dedans diminue, du coup mon articulation est de moins en moins fixée, peut-être qu'elle peut se libérer, on ne peut pas trop savoir. D'après mon chirurgien, le genou est resté immobile trop longtemps. Il faudrait attendre que l'algodystrophie soit finie, réopérer pour nettoyer l'articulation sur une arthroscopie, enlever les adhérences, et espérer récupérer un maximum de flexion. Il faut que l'algo se finisse, et après, avec un peu de chance, ça peut s'arranger ».

Au-delà du rugby, Jacques Begu est en arrêt de travail depuis deux ans maintenant, ne pouvant exercer sa fonction de prof d'EPS. Si son indisponibilité peut être dure à vivre par moments, le fait d'être rentré chez lui, dans ses Landes natales, l'aide à surmonter cela : « c'est un peu long parce que c'est toujours pareil, mais je vais au kiné tous les matins, je vais à la salle le matin aussi, après j'essaye de m'occuper l'après-midi. Depuis, je suis resté sur Dax, j'ai les copains qui sont ici, la famille. Je suis bien entouré, je m'occupe. C'est long parce que j'ai envie de bosser, mais j'espère que l'année prochaine je pourrai reprendre le boulot. J'y crois moyen pour la fin de l'été mais j'espère l'année d'après ». C'est tout le mal que l'on peut lui souhaiter.

Crédit photo : Cinquante Pictures


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